Crise énergétique : Paris veut montrer l’exemple

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Le 13 septembre, pour sa rentrée, Anne Hidalgo avait réservé sa première apparition publique au lancement de son plan d’urgence pour la « sobriété énergétique ». Elle avait visité, dans le 13e arrondissement de Paris, deux logements sociaux. Un appartement délabré et énergivore, puis un appartement témoin flambant neuf qui avait bénéficié de travaux d’intérieur permettant un maximum d’économies d’énergie. Elle avait parlé rénovation thermique, fuites d’eau et isolation intérieure. Elle avait rappelé que la ville de Paris se voulait toujours à la pointe quand il s’agissait d’accélérer la transition énergétique « pour protéger les habitants d’une hausse du prix de l’énergie qui s’annonce durable ». Quelque 10 milliards d’euros ont été dépensés pour cette transition depuis 2014, dont 600 millions d’euros alloués à la rénovation des logements sociaux, et 300 millions à la transformation de l’éclairage public (44 000 luminaires à remplacer).

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En attendant, la facture énergétique de la Ville de Paris s’élève à 54 millions d’euros. A l’orée d’un hiver qui s’annonce rugueux à cause de la crise énergétique la plus sévère depuis les années 1970, elle veut que sa ville réalise 10 % d’économies d’énergie. Elle annonçait donc une batterie de mesures pour faire face. Comme la baisse de température dans les bâtiments publics (de 19 °C à 18 °C) et dans les 31 piscines gérées par la ville (de 27 °C à 26 °C dans l’eau, et de 26 °C à 25 °C dans l’air), et l’extinction de l’éclairage public des monuments, des musées et des établissements municipaux à 22 heures. Une réunion aura lieu courant octobre avec les fédérations de commerçants pour mettre en place l’extinction des vitrines lumineuses durant la nuit. Des mesures qui ont vocation à être pérennisées.

« Aux avant-postes ! »

Depuis le 23 septembre, la tour Eiffel éteint ses feux à 23 h 45, plutôt qu’à 1 heure du matin jusqu’ici. Ce qui a suscité une légère polémique avec Elisabeth Borne. La première ministre s’est démarquée de cette mesure symbolique en se demandant si le fait d’éteindre la lumière une grosse heure avant ne pouvait pas créer un problème d’attractivité pour Paris. Surtout quand cette coupure anticipée ne représente que 4 % de sa consommation annuelle.

« Nous avons aussi été surpris par la réaction de la ministre de la transition énergétique [Agnès Pannier-Runacher], qui a eu cette réponse étonnante : “La sobriété, ce n’est pas arrêter de vivre (…) ce n’est pas arrêter de recevoir des touristes.” A ce niveau de responsabilité, ce n’est pas sérieux de dire cela, intervient Dan Lert, adjoint d’Anne Hidalgo à la transition écologique. D’ailleurs, je note que, le lendemain, la ministre de la culture [Rima Abdul-Malak] annonçait l’extinction de la pyramide du Louvre à 23 heures. »

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