Crise de l’énergie : la commune de Rombas sacrifie sa « féerie d’hiver »

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Au mois de décembre, dès la nuit tombée, les villes et villages de Moselle se mettent à scintiller. Plus encore qu’ailleurs, la tradition des illuminations devient ici une forme de compétition. Entre les propriétaires de maisons, de balcons, entre les villes aussi, qui investissent chaque année des milliers d’euros en motifs lumineux. A ce petit jeu, la commune de Rombas, au cœur de la vallée industrielle de l’Orne, jouit d’une certaine réputation. Chaque année, on vient de loin pour admirer la « Féerie d’hiver », une grande installation lumineuse et poétique, sur la place de l’hôtel de ville. En tout, les agents municipaux installent chaque année 600 motifs lumineux dans cette commune de 10 000 habitants. Un travail de plusieurs mois, qui commence habituellement dès septembre.

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Mais cette année, 80 % de ces motifs resteront dans l’entrepôt. « A crise exceptionnelle, mesures exceptionnelles », peut-on lire dans le dernier numéro du bulletin municipal. « C’est vrai que nous touchons à un sujet très sentimental, admet le maire socialiste, Lionel Fournier. Mais cette décision n’a pas été très difficile à prendre. On ne peut pas demander à nos concitoyens de faire des efforts pour réduire leur consommation énergétique et, dans le même temps, illuminer toute la ville à Noël. Psychologiquement, ça ne passerait pas. Nous devons être exemplaires. » Pour préserver « l’esprit de Noël », le maire a toutefois décidé de maintenir la « Féerie d’hiver » et les illuminations proches des écoles.

Chaufferie biomasse

Avec cette mesure, la commune de Rombas attend une économie de 30 000 euros. « Cet argent sera entièrement réinvesti dans la campagne de remplacement de notre éclairage public par des LED qui baissent en intensité après 23 heures, indique Lionel Fournier. Cela nous permettra d’aller plus vite que prévu en matière de sobriété énergétique. » Pour la commune, l’enjeu économique est énorme. « Rien que pour l’éclairage public, notre facture annuelle va passer de 75 000 euros à 350 000 euros en 2023. Globalement, la flambée des prix de l’énergie nous coûte entre 500 000 et 600 000 euros en année pleine. C’est colossal, dans la mesure où notre budget de fonctionnement est de 11 millions d’euros. Je crois que le public n’a pas encore conscience de ce qui nous attend dans les prochains mois. Ce sera un tsunami… »

Pourtant, Rombas n’est pas la commune la plus à plaindre en la matière. Cela grâce à ce que M. Fournier qualifie « d’intuition ». « Il y a déjà quelques années, j’ai senti que l’énergie allait devenir un poste de vulnérabilité pour les collectivités », se souvient-il. A travers sa régie locale d’électricité, la commune a donc investi 6,7 millions d’euros pour racheter un transformateur à ArcelorMittal et l’exploiter, afin d’économiser ainsi les coûteuses redevances facturées par Enedis, la filiale d’EDF chargée de la gestion du réseau de distribution d’électricité.

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