Ce qu’a répondu Éric Zemmour aux Français qui ont participé à “La France dans les yeux”

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Le candidat de Reconquête! à l’élection présidentielle Éric Zemmour a répondu ce mercredi soir aux questions de Bruce Toussaint et d’une vingtaine de Français sur BFMTV.

À un peu plus deux mois de l’élection présidentielle française, Eric Zemmour reste encore loin derrière Emmanuel Macron dans les intentions de vote, mais se rapproche de Marine Le Pen et Valérie Pécresse, au coude-à-coude pour la deuxième place, selon le dernier sondage Elabe réalisé pour BFMTV et L’Express avec notre partenaire SFR.

Invité du deuxième épisode de La France dans les yeux, le candidat d’extrême droite, du parti Reconquête!, a répondu aux questions des Français sur son programme et sur l’actualité. Retour sur les moments marquants de l’émission.

• Georges Marchais a “dit exactement ce que je dis” sur l’immigration

Éric Zemmour a commencé l’émission en évoquant les difficultés d’organisation de la soirée en Seine-Saint-Denis, département qu’il a à plusieurs reprises décrit comme une “enclave étrangère” en France: le maire de Montreuil, le communiste Patrick Bessac, s’est notamment mobilisé contre la venue du candidat dans sa ville, dénonçant son discours, “à mille lieues des valeurs humanistes de la commune”.

En réponse, le polémiste s’est comparé à un autre communiste, Georges Marchais, dont il a jugé être proche sur les questions d’immigration. “Pendant la campagne de 1981, il dit exactement ce que je dis aujourd’hui sur l’arrêt de l’immigration légale et illégale, sur la laïcité, sur l’interdiction des voiles…”, a assuré le candidat d’extrême droite.

• Le “travailler plus pour gagner plus” de Sarkozy “repris à son compte”

Le candidat a ensuite été interrogé par Véronique Pezon, une comptable de 53 ans, sur ses mesures en faveur des classes moyennes. Cette fois, c’est le fameux slogan “travailler plus pour gagner plus” de Nicolas Sarkozy, qu’il a assumé vouloir “reprendre à son compte”: il a ainsi défendu la défiscalisation des heures supplémentaires, comme l’avait fait l’ancien président lors de sa campagne de 2007.

Pour améliorer le pouvoir d’achat des Français, Éric Zemmour a dit vouloir réduire la CSG sur les salaires inférieurs à 2000 euros – en supprimant en parallèle des prestations sociales comme le RSA ou les allocations familiales pour les étrangers – et pour les retraites entre 1000 et 1300 euros. Il a fait part de sa volonté de rembourser la moitié des frais kilométriques des salariés, après avoir réitéré son idée de “prime zéro charge” – jusqu’à trois mois de salaire – pour les employés les plus méritants.

· Les enfants handicapés, “une polémique artificielle”

Après avoir évoqué la question de l’accompagnement et de l’employabilité des personnes handicapées, le candidat a réfuté la récente polémique autour de ses propos sur “l’obsession de l’inclusion des enfants handicapés”.

“Vous revenez sur une polémique qui m’a été faite de façon artificielle et assez odieuse”, a-t-il reproché à notre journaliste Philippe Corbé. Le candidat estime que l’inclusion des enfants handicapés dans les établissements scolaires devrait être décidée au cas par cas, en fonction des enfants et des accompagnements.

• L’abandon du pass vaccinal fin mars ou début avril, un “cadeau électoral”

Éric Zemmour, qui compte supprimer le pass vaccinal s’il était élu, s’est dit suspicieux quant au calendrier annoncé par le gouvernement pour supprimer la mesure: Gabriel Attal a en effet affirmé qu’il pourrait disparaître “fin mars, début avril” – quelques jours donc avant le premier tour de la présidentielle.

“J’étais contre le pass vaccinal et j’ai dit que je le supprimerai quand j’arriverai au pouvoir. D’ailleurs, je vois maintenant que le gouvernement rétropédale… comme par hasard”, a avancé le candidat d’extrême droite à la présidentielle. “Je soupçonne le gouvernement d’avoir inventé cette machine qui ne sert à rien, pour pouvoir faire ce cadeau électoral”, a-t-il poursuivi.

• Zemmour veut des murs pour “défendre la civilisation européenne”

Le candidat d’extrême droite a ensuite été interrogé sur la question migratoire. “C’est prévu, on mettra les moyens!”, a répondu Éric Zemmour à un homme qui l’invitait à mettre en place des “gardes-frontières” aux frontières de l’Europe.

“J’appuierai l’idée de construire des murs aux frontières de l’Union européenne“, a-t-il poursuivi, vantant les initiatives de certains pays comme la Hongrie, “qui défendent la civilisation européenne”, dénoncées par d’autres États comme la France ou l’Allemagne. Et de promettre: “Moi, je ferai basculer la majorité européenne en faveur du mur!”

· Zemmour veut interdire les “mosquées cathédrales” pour que “la France reste un paysage d’Église”

Face à Karim, un homme de confession musulmane, Éric Zemmour a défendu l’idée selon laquelle la France est une terre devrait accueillir des églises plutôt que des mosquées “pour des raisons culturelles”. “En France, je ne veux pas entendre la voix du muezzin”, a-t-il déclaré, refusant plus particulièrement la construction de “mosquées ‘cathédrales'”, trop grandes.

Car, selon lui, pour “certains musulmans, les grandes mosquées signifient la conquête d’un territoire français”. “Les musulmans pourront évidemment se rendre à la mosquée”, a-t-il poursuivi, évoquant des constructions plus “discrètes”.

· Prénoms étrangers, multi-culturalisme… Un échange tendu avec une habitante de Seine-Saint-Denis

Le candidat a ensuite eu un échange très vif sur les prénoms d’origine étrangère et sur le multi-culturalisme avec Zina, une habitante d’origine bretonne et algérienne habitant en Seine-Saint-Denis. La discussion a débuté sur la question, très chère au candidat, des prénoms qui ne sont pas d’origine française.

“Le prénom n’est pas innocent”, a d’abord défendu le polémiste, avant de lancer à son interlocutrice: “Vos parents n’ont pas respecté la loi, Zina n’était pas dans le calendrier et vous n’auriez pas dû vous appeler comme ça” .

Tandis qu’Éric Zemmour pointait le taux de délinquance en Seine-Saint-Denis, Zina a ensuite tenté de défendre le multi-culturalisme de ce département. Une valeur contre laquelle s’est érigé le candidat. “Je suis contre la société multiculturelle”, a-t-il déclaré. “Je suis pour la société multi-ethnique, la société multiculturelle, ça veut dire la guerre”, a-t-il poursuivi, évoquant à nouveau l’islam.

“Mais pourquoi vous vous focalisez sur l’islam?”, l’a interrogée Zina, interloquée. “Moi, je connais des musulmans très ouverts d’esprits, qui vont à l’église. La délinquance n’est pas qu’en Seine-Saint-Denis, elle est partout en France!”, s’est encore indignée la sexagénaire sur notre plateau.

· Un professeur d’histoire dénonce “des généralisations navrantes et des amalgames”

En fin d’émission, Éric Zemmour a été interpellé par Franck Collard, président de l’Association des professeurs d’histoire et de géographie, sur ses propos sur le régime de Vichy, qui aurait épargné les juifs français pendant la Seconde Guerre Mondiale. “C’est une épreuve pour moi d’entendre toutes vos généralisations navrantes et vos amalgames”, lui a asséné le professeur.

“J’ai le plus grand respect pour des gens qui ont fait des études supérieures. En revanche, normalement, l’université repose sur la disputation des idées, donc je ne me soumets pas à la doxa universitaire”, a répondu le candidat à la présidentielle. 

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV

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