Borne, Abad, Zemmour, Rousseau, Le Pen… Les circonscriptions à suivre aux législatives

0
79

Plusieurs figures nationales jouent leur survie politique dans la course à l’Assemblée nationale comme Jean-Michel Blanquer. D’autres candidatures, moins connues, ont valeur de test, notamment pour les anciens Républicains qui se présentent désormais sous les couleurs de la majorité présidentielle.

À une semaine jours du premier tour des législatives, BFMTV.com s’est penché sur les circonscriptions à fort enjeu. Une quinzaine de ministres, dont la première d’entre eux, Élisabeth Borne, se présentent. Emmanuel Macron a déjà promis que les perdants devraient quitter le gouvernement.

Marine Le Pen espère de son côté parvenir à obtenir un groupe à l’Assemblée – et donc faire entrer au moins une quinzaine de députés – tandis que Reconquête vise la victoire d’Éric Zemmour. La Nupes place, elle, de grands espoirs dans ces élections alors que Jean-Luc Mélenchon a demandé aux Français de “l’élire Premier ministre”. Les Républicains jouent de leur côté leur survie.

Ensemble

• Élisabeth Borne dans la 6e circonscription du Calvados

Élisabeth Borne se frotte pour la première fois au suffrage universel mais la Première ministre devrait gagner confortablement la partie et succéder au marcheur Alain Tourret qui ne se représente pas. Parmi ses adversaires figurent notammment Noé Gauchard, un étudiant et activiste écologiste qui présentera la Nupes, et Jean-Philippe Roy, un conseiller régional RN. Mais en avril, Emmanuel Macron était arrivé largement en tête dans ce territoire au premier tour (30,8%) devant Marine Le Pen (26,8%).

• Damien Abad dans la 5e circonscription de l’Ain

Élu haut la main sous l’étiquette LR en 2017, Damien Abad pourrait être mis en difficulté après des accusations de viol portées par deux femmes à son encontre, qu’il nie. Dans ce territoire ancré à droite, le nouveau ministre des Solidarités devra notamment affronter Julien Martinez, investi par son ancienne famille politique.

• Olivia Grégoire dans la 12e circonscription de Paris

Candidate à sa réélection, la circonscription d’Olivia Grégoire, la nouvelle porte-parole du gouvernement est l’une des plus favorables à Emmanuel Macron en Île-de-France – le président de la République a obtenu 42,7% des voix dès le premier tour. En 2017, elle avait ravi ce territoire à Philippe Goujon, le député LR sortant, à la surprise générale. Les Républicains ont cette fois investi un conseiller de Paris, Jérôme Loriau.

• Gabriel Attal dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine

Gabriel Attal qui avait été élu pour la première fois en 2017, devrait logiquement l’emporter dans cette circonscription, qui a voté à plus de 38% pour Emmanuel Macron dès le premier tour de l’élection présidentielle.

• Olivier Véran dans la 1e circonscription de l’Isère

Olivier Véran, élu en 2012 sous les couleurs socialistes puis en 2017 sous l’étiquette La République en marche, devrait gagner sans difficulté dans la 1ère circonscription de l’Isère, malgré le très bon score à Grenoble de Jean-Luc Mélenchon (38,94%). Face à lui, la Nupes a investi Salomé Robin, étudiante.

• Clément Beaune dans la 7e circonscription de Paris

Encore jamais élu au Palais-Bourbon, l’ex-secrétaire d’État aux Affaires européennes, promu au rang de ministre délégué en gardant le même maroquin, se présente dans un territoire loin d’être gagné, en ayant placé Jean-Luc Mélenchon (31,3%) largement devant Emmanuel Macron (26,4%).

Promue ministre de la Santé dans le gouvernement d’Élisabeth Borne, Brigitte Bourguignon sera-t-elle en mesure de conserver son maroquin? Si elle l’a largement emporté au second tour des législatives en 2017, avec plus de 60% face à une candidate frontiste, l’extrême droite reste bien implantée dans ce territoire: Marine Le Pen a largement battu Emmanuel Macron dans cette circonscription, avec plus de 57,7% des voix au second tour de la présidentielle.

À peine nommée, Justine Bénin pourrait aussi faire partie des premiers à quitter le gouvernement d’Élisabeth Borne: la partie est loin d’être gagnée pour la secrétaire d’ État chargée de la Mer dans la 2e circonscription de Guadeloupe où, à l’image du reste des Antilles, Emmanuel Macron a largement sous-performé à la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon était largement en tête au premier tour dans cette circonscription, avec 52,6% des voix. Marine Le Pen a été plébiscitée avec 69,2% des suffrages au second.

• Jean-Michel Blanquer dans la 4e circonscription du Loiret

La partie est loin d’être gagnée pour Jean-Michel Blanquer, l’ancien ministre de l’Éducation nationale. Il devra croiser le fer contre Christophe Bouquet, candidat Horizons. Quant à la droite, elle est solidement implantée dans le département depuis plus de 40 ans tandis que le RN se tient en embuscade – Marine Le Pen a obtenu plus de 32% des voix au premier tour de la présidentielle dans cette circonscripton.

La bataille sur ces terres sera très suivie alors que Robin Reda, un très proche de Valérie Pécresse, a rejoint à la surprise générale la majorité présidentielle. Quelques heures avant son investiture, le jeune homme tractait encore pour son parti. Élu député à tout juste 25 ans en 2017, il était devenu le plus jeune maire de France en 2014. Les Républicains présentent face à lui Julien Dumaine. Les deux hommes devront battre la candidate Nupes Claire Lejeune, dans un territoire qui a largement placé Jean-Luc Mélenchon en tête au premier tour de la présidentielle.

Le scénario est proche pour Constance Le Grip, élue en 2017 sous l’étiquette des LR à Neuilly-sur-Seine, bastion de la droite et longtemps celui de Nicolas Sarkozy. Cette fois-ci, la députée se présente sous les couleurs de Renaissance et doit faire face à son ancien parti qui part divisé, entre Patrick Pessis et Fayza Basini. Marie-Caroline Le Pen, la sœur de Marine Le Pen et épouse de Philippe Olivier, son plus proche conseiller est également sur la ligne de départ. Emmanuel Macron a remporté à Neuilly-sur-Seine 49% des suffrages au premier tour.

La Nupes

• Manuel Bompard dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône

Jean-Luc Mélenchon a choisi de ne pas se représenter à Marseille et c’est Manuel Bompard, son directeur de campagne lors de la présidentielle qui se présente dans ce territoire acquis à la Nupes. Le patron de la France insoumise a récolté 54,4% des voix dans la Cité phocéenne dès le premier tour de l’élection présidentielle.

• Sandrine Rousseau dans la 9e circonscription de Paris

La candidate défaite à la primaire écologiste, Sandrine Rousseau qui se présente sous les couleurs de la Nupes doit affronter Buon Tan, le député sortant Renaissance et fait également face à… une autre Sandrine Rousseau, investie sous les couleurs du mouvement de la ruralité et passionnée de chasse.

• Julien Bayou dans la 5e circonscription de Paris

Julien Bayou, le patron des écologistes, se présente dans un territoire en or, dans lequel Benjamin Griveaux a été élu en 2017. Jean-Luc Mélenchon a récolté plus de 34,9% des voix au premier tour de la présidentielle, devançant Emmanuel Macron dans cette circonscription.

• Fabien Roussel dans la 20e circonscription du Nord

Le candidat communiste à la présidentielle, Fabien Roussel, pourrait être mis en difficulté par le Rassemblement national, puissant sur ces terres. Mais les combats qu’il incarne depuis son élection, servi par un goût certain pour les médias, pourraient faire pencher la balance en sa faveur, après s’être qualifié au second tour en 2017 à quelques dizaines de voix face au candidat du RN.

• Olivier Faure dans la 11e circonscription de Seine-et-Marne

Après n’avoir pas conclu d’accord avec Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, le PS a finalement rallié l’insoumis pour les législatives: le Premier secrétaire Olivier Faure est donc candidat à sa réélection sous la bannièresde la Nupes dans la 11e circonscription de Seine-et-Marne, où Jean-Luc Mélenchon a obtenu près de 36% des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle.

• François Ruffin dans la 1ère circonscription de la Somme

Farouche opposant d’Emmanuel Macron, François Ruffin va tenter de conserver son siège dans cette circonscription où l’extrême droite reste puissante – Marine Le Pen a recueilli 30,2% des suffrages au premier tour de la présidentielle, devant le président de la République (27,6%) et Jean-Luc Mélenchon (22,1%).

Femme de chambre à l’hôtel Ibis-Batignolles à Paris, Rachel Kéké a croisé le fer contre Accor, son employeur, pour obtenir de meilleures conditions de travail, avec succès après 2 ans de combat. Investie par la Nupes, la jeune femme devra battre l’ex-ministre des Sports parachutée, Roxana Maracineanu.

• Stéphane Ravacley dans la 2e circonscription du Doubs

Le boulanger Stéphane Ravacley, qui a mené une grève de la faim en 2021 pour demander la régularisation de son apprenti guinéen, doit affronter le député sortant Renaissance Éric Alauzet, élu depuis 2012.

• Cédric Villani dans la 5e circonscription de l’Essonne

Tout juste élu député en 2017, le marcheur Cédric Villani avait eu un petit accrochage avec Jean-Luc Mélenchon. Mais cette ancienne étoile montante de la macronie, Cédric Villani se présente désormais sous les couleurs de la Nupes – il représente Génération écologie, le parti de Delphine Batho, dans cette alliance de gauche. Le mathématicien affrontera notamment Paul Midy, le directeur général de Renaissance (le nouveau nom de LaREM), pour qui il s’agit de la première élection.

• Aurélien Taché dans la 10e circonscription du Val-d’Oise

Entré à l’Assemblée nationale en 2017 sous les couleurs d’Emmanuel Macron, Aurélien Taché a quitté la majorité en 2020 avant de participer à la campagne présidentielle de Yannick Jadot. Alors que Jean-Luc Mélenchon a fait plus de 36% des voix à Cergy, la principale commune de ce territoire, le député a de bonnes chances d’être réélu alors que le marcheur qu’il affronte, Victorien Lachas, est contesté en interne.

Rassemblement national

• Marine Le Pen dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais

Marine Le Pen repart au combat dans ce territoire qu’elle a emporté en 2017, après avoir perdu en 2012, tout comme Jean-Luc Mélenchon qu’elle affrontait alors. À Hénin-Beaumont, l’une des plus grandes communes de la circonscription, Marine Le Pen a obtenu plus de 67% des voix au premier tour.

• Éric Zemmour dans la 4e circonscription du Var

Après avoir longuement hésité, Éric Zemmour s’est finalement lancé dans la course à l’Assemblée nationale. Dans ce territoire qui compte notamment Saint-Tropez, où il a récolté 22% des voix à la présidentielle le 10 avril dernier, il devra battre Sereine Mauborgne, la députée Renaissance sortante et le RN qui a dépassé les 32% au premier tour de la présidentielle.

• Stanislas Rigault dans la 2e circonscription du Vaucluse

Très apprécié du patron de Reconquête, Stanislas Rigault, le président de Génération Z se présente dans la circonscription voisine de celle de Marion Maréchal, élue à l’Assemblée nationale en 2012. La nièce de Marine Le Pen qui a renoncé à se présenter, est la suppléante du jeune homme de 23 ans.

• Guillaume Peltier dans la 2e circonscription du Loir-et-Cher

Le député Guillaume Peltier, élu sous les couleurs des Républicains en 2017, repart au combat dans le Loir-et-Cher, des terres historiquement de centre-droit. La concurrence sera d’ailleurs rude. Il devra affronter Pascal Bioulac, candidat de son ancien famille politique, une candidature dissidente d’une ex-LR et le RN, représenté par Roger Chudeau, un ancien proche de François Fillon.

Les Républicains

• Aurélien Pradié dans la 1e circonscription du Lot

Aurélien Pradié, le numéro 2 des Républicains joue gros alors qu’il avait gagné en 2017 sur ces terres historiquement de gauche. À Cahors, la principale ville de cette circonscription, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en premier, talonné par Emmanuel Macron. La chance de l’actuel député pourrait cependant venir de la désunion de la gauche. Si la Nupes présente une candidate, Elsa Bougeard, les socialistes locaux, poussés par Carole Delga, ont décidé de faire bande à part avec Rémi Branco.

• Isabelle Périgault dans la 4e circonscription de Seine-et-Marne

Alors que Christian Jacob ne se représente pas aux législatives après 2 décennies à l’Assemblée nationale, c’est Isabelle Périgault qui est en charge de garder dans le giron cette terre à droite depuis toujours. La tâche pourrait s’avérer ardue alors que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen étaient au-coude-à-coude au premier tour de la présidentielle ici.

Les dissidences PS

• Lamia El Aaraje dans la 15ème circonscription de Paris

L’ex députée socialiste Lamia El Aaraje n’a pas été investie par la Nupes au profit de Danièle Simonnet, conseillère de Paris et intime de Jean-Luc Mélenchon. Soutenue par Anne Hidalgo et Lionel Jospin, elle a dénoncé une “injustice”. Elle est la seule candidate aux législatives à avoir été officiellement investie par le PS face à l’union de la gauche.

• Annick Taysse dans la 1ère circonscription de Corrèze

La socialiste Annick Taysse se présente en dissidente dans l’ancienne circonscription de François Hollande dans laquelle l’ex-président a été député pendant presque 2 décennies. Soutenue par l’ancien locataire de l’Élysée et Bernard Cazeneuve, elle devra affronter le député Modem sortant, Christophe Jerretie et Sandrine Deveaud, candidate Nupes.

Hortense de Montalivet et Marie-Pierre Bourgeois

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici