Anne Hidalgo offensive contre Rachida Dati mais critiquée dans sa propre majorité

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Pour sa session de novembre, le Conseil de Paris, jeudi 17 novembre, a failli se contenter, comme à l’ordinaire, d’une opposition mouvementée, mais résolument binaire, entre la droite et la gauche parisiennes. Que ce soit sur un sujet majeur, la hausse draconienne de la taxe foncière décidée par Anne Hidalgo, ou plus léger, comme l’allocation par la Ville de Paris d’une subvention à une association qui entend construire des abris à hérissons dans le bois de Vincennes, qui ont fait bouillir Les Républicains (LR).

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Mais c’était sans compter sur la charge lancée par la maire (Parti socialiste, PS) de Paris, qui a tenu à ouvrir la séance par une déclaration « solennelle ». Avec à la clé une mise en cause de sa principale rivale. « Depuis des mois, et ce matin encore, dans le journal Libération, nous avons des articles qui font état d’activités extérieures pour lesquelles Rachida Dati est mise en examen pour corruption passive et recel d’abus de pouvoir. Présomption d’innocence, bien sûr, mais c’est inquiétant. Je le dis solennellement : on a le droit de savoir. Nous devons être renseignés par Rachida Dati de ces activités. » Référence à un article de Libération, publié le 16 novembre, évoquant des liens supposés entre la maire LR du 7arrondissement et le PSG avec une « cellule de renseignement privé au sein du club ». Et au fait que Mme Dati est mise en examen depuis juillet 2021 dans l’enquête sur ses prestations de conseil auprès de l’ex-PDG de l’alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn.

L’intéressée n’était pas présente dans l’hémicycle à cet instant. Mais Francis Szpiner, maire LR du 16arrondissement, a réagi. « La presse, ce n’est pas la justice. Et lui dire en face, c’est mieux. Anne Hidalgo savait que Rachida Dati était dans son bureau. Sur le fond et sur la forme, je ne trouve pas ça très convenable », a-t-il déploré, en accusant Mme Hidalgo de procéder à « une manœuvre de diversion par rapport à la nomination de sa nouvelle adjointe ».

« 32 adjoints, c’est trop »

Quelques instants plus tard, deux nominations étaient effectivement mises au vote. Si celle de Jacques Martial, nouvel adjoint aux outre-mers, ne présentait aucune difficulté, celle de Lamia El Aaraje, au titre d’adjointe au handicap, a semé le trouble au sein même de la majorité plurielle. Pour certains membres municipaux du PS, la promotion de Mme El Aaraje, ancienne députée socialiste du XXarrondissement dont le scrutin avait été invalidé, n’est pas considérée comme un grand signe de cohésion. Lors des dernières élections législatives, elle s’était présentée contre Danielle Simonnet (La France insoumise), investie par la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). La nouvelle adjointe entend également, avec Anne Hidalgo, déposer, lors du prochain congrès du PS, une liste contre Olivier Faure, actuel premier secrétaire. Lamia El Aaraje a aussi été mise en cause, la veille de sa nomination, dans un article du Parisien, par une ancienne collaboratrice à l’Assemblée nationale qui l’accuse de harcèlement moral. Mais Mme Hidalgo n’a pas songé à retirer la candidature de sa protégée.

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