« Ami ou ennemi » ? Emmanuel Macron répond à Liz Truss que « le Royaume-Uni est une nation amie, quels que soient ses dirigeants »

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« Le Royaume-Uni est une nation amie, forte et alliée, quels que soient ses dirigeants », a déclaré le président français, Emmanuel Macron, depuis Alger, vendredi 26 août, après que la ministre britannique des affaires étrangères, candidate favorite au poste de première ministre, Liz Truss, a refusé de dire si le président français était « ami ou ennemi » de son pays.

Interrogée jeudi soir lors d’une réunion électorale du parti conservateur à Norwich (sud-est du Royaume-Uni), celle qui brigue la succession de Boris Johnson avait refusé de se prononcer sur les qualités du président français, affirmant qu’elle le jugerait « sur ses actes ». Quand la journaliste animant la soirée lui a demandé : « Macron, ami ou ennemi ? », Liz Truss a répondu que « le jury est toujours en train de délibérer », provoquant des rires dans la salle. « Si je deviens première ministre, je le jugerai sur ses actes et pas sur ses mots », a-t-elle ajouté.

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Conservatrice et ambitieuse, celle qui est toujours cheffe de la diplomatie de son pays, dans un gouvernement gérant les affaires courantes, est en campagne pour prendre la suite de l’actuel premier ministre britannique, Boris Johnson, qui se fait particulièrement discret depuis son éviction de la tête du Parti conservateur, en juillet.

« Des propos d’estrade »

Depuis Alger, où il achève une visite de réconciliation avec son homologue Abdelmadjid Tebboune après des mois de brouille diplomatique, le président français a donc pris le temps de lui répondre, en disant que « la nation qui est le Royaume-Uni est une nation amie, forte et alliée ».

Une alliance qui perdure « malgré et au-delà de ses dirigeants ou des petites erreurs qu’ils peuvent faire dans des propos d’estrade », a-t-il ajouté en marge de sa visite officielle en Algérie. « Si on n’est pas capable, entre Français et Britanniques, de dire si on est ami ou ennemi – le terme n’est pas neutre –, on va vers de sérieux problèmes », a-t-il insisté.

« Ce n’est jamais bon de trop perdre ses repères dans la vie. Si on me posait la question (…), quelle que soit la personne qui est considérée [pour] le leadership à venir en Grande-Bretagne, je ne m’interroge pas une seule seconde. Le Royaume-Uni est ami de la France », a-t-il conclu.

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« Un très bon “buddy” de notre pays »

Interrogé vendredi sur ce début de polémique, M. Johnson a assuré « avoir toujours eu de très bonnes relations avec Emmanuel Macron ». Le président français, a-t-il ajouté en français, « est un très bon buddy [copain] de notre pays ».

Les relations avec la France « sont extrêmement importantes. Elles sont très bonnes depuis très longtemps, depuis l’époque de Napoléon en fait, et je pense qu’il faut s’en féliciter », a ajouté le premier ministre, en sortant d’une visite sur le terrain dans le Surrey (sud-ouest de Londres). « Et en ce qui concerne Emmanuel, j’ai eu de très bonnes relations avec lui, et je peux vous dire une chose : c’est un très grand admirateur de notre pays », a-t-il conclu.

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De nombreux dossiers de contentieux existent entre la France et le Royaume-Uni, notamment la gestion des dossiers de l’après-Brexit, que ce soient la pêche ou l’Irlande du Nord. Les deux pays, alliés au sein de l’OTAN, ont également eu des approches différentes face à l’invasion russe de l’Ukraine, Boris Johnson adoptant une ligne très dure contre Vladimir Poutine tandis que le président français a défendu la nécessité de garder le dialogue ouvert avec le maître du Kremlin.

Le Monde avec AFP

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