Agnès Evren : « La droite doit mettre clairement la transition écologique au cœur de son projet »

0
11

Alors que s’achève la conférence des Nations unies sur le climat (COP27), le programme de l’ONU pour l’environnement sonne le tcocsin d’un réchauffement « catastrophique » de 2,5 ºC à la fin du siècle. L’impératif et l’urgence de la transition écologique ne sont plus à démontrer. Et, pourtant, nous avançons si lentement…

L’une des raisons tient à l’acceptabilité des décisions envisagées. Souvent impopulaires parce que perçues comme socialement injustes et insupportables, elles fracturent encore davantage notre pays. Finalement, la crise énergétique, qui se superpose à la crise climatique, fait craindre un Armageddon social.

Il nous faut d’abord mettre clairement la transition écologique au cœur de notre projet. La protection de l’environnement est une question trop importante pour être confisquée par des forces politiques radicales qui la caricaturent. Le débat politique ne peut pas se structurer autour de l’urgence de la question écologique (nous en sommes tous convaincus), mais autour des solutions pour y répondre.

Transmission du patrimoine naturel

L’interdiction des barbecues et la dégradation des œuvres d’art ne feront pas avancer la cause. N’hésitons plus : la droite porte historiquement le discours du pragmatisme, dont nous avons tant besoin face aux délires idéologiques de l’extrême gauche, et de la conservation et de la transmission du patrimoine, y compris naturel. Elle est donc parfaitement légitime à s’emparer du sujet.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Ouverture de la COP27 : l’urgence climatique percutée par la guerre et les crises

Il nous faut ensuite réconcilier toutes les catégories sociales, toutes les générations, tous les territoires autour d’une même ambition environnementale. La fracture qui grandit entre la France dite « périphérique » et celle du centre des métropoles est moralement et socialement insupportable. C’est l’application d’une écologie à deux vitesses, dont les classes moyenne et populaire sont les seules débitrices.

Notre responsabilité est de la dénoncer et de la résorber. Préserver notre planète, la cohésion de notre société et le pouvoir d’achat des Français ne peuvent plus être des principes antagoniques. Un seul exemple : à l’échelle de la Métropole du Grand Paris, les Républicains ont soutenu l’élargissement de la zone à faibles émissions (ZFE), englobant 79 communes, pour remédier à l’initiative solitaire de la maire de Paris, qui l’avait circonscrite au seul périmètre de la capitale, faisant de Paris un oppidum infranchissable.

Ce risque d’amplification des fractures territoriales ressurgit tandis qu’à l’horizon 2025 toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants devront limiter la circulation des véhicules les plus polluants sur leur territoire. Avec 43 ZFE, la question de l’exclusion des classes moyenne et populaire, reléguées aux franges des villes, se fera plus vive. C’est à la seule force d’un travail de dentelle mené avec les édiles locaux que ces plaies géographiques seront suturées, que les contraintes sur la liberté de circuler seront acceptées et que le pouvoir d’achat sera préservé.

Il vous reste 45.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici