A Lyon, la majorité écologiste veut sélectionner les banques pour favoriser la finance verte

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Pousser le système bancaire à financer réellement la transition écologique : c’est la volonté affichée par la majorité écologiste de la ville de Lyon, à travers une délibération votée, jeudi 10 novembre, par le conseil municipal, qui prévoit la sélection des banques susceptibles de fournir des emprunts à la collectivité, et la création d’un produit financier vert, sous forme d’une obligation, émise par une filiale du Crédit agricole.

Selon cette délibération, « la ville de Lyon s’engage à emprunter auprès de banques, quand elles se positionnent dans une stratégie de limitation des impacts environnementaux et sociaux négatifs de leurs financements pour le climat et le vivant ». Concrètement, la municipalité a mis au point un questionnaire adressé, chaque année, aux établissements bancaires. Ce document, que Le Monde a consulté, comprend dix-huit questions portant principalement sur l’action de la banque en matière « de responsabilité environnementale et climatique ». « Votre établissement participe-t-il à des projets relevant du secteur des énergies fossiles ? », interroge, par exemple, le questionnaire, en demandant de préciser les « actions de préservation de la biodiversité et de lutte contre la déforestation », les soutiens pour le « développement des énergies renouvelables » ou la « stratégie de réduction de [ses] émissions de CO».

Le document exige des données chiffrées et élargit ses questions au champ éthique et social, en réclamant un éclairage sur les actions de la banque dans la lutte contre le blanchiment, contre les discriminations et pour l’égalité femmes-hommes. Le questionnaire, élaboré et fourni à la collectivité par les associations Oxfam et Reclaim Finance, demande encore aux banques si elles sont implantées ou non dans les territoires dits « non coopératifs », notamment les paradis fiscaux, figurant dans les listes « grises et noires » établies par l’Union européenne.

« La finance n’est pas neutre »

« Ce questionnaire est une aide à la décision. Les réponses sont vérifiées par nos services, avec l’aide des ONG spécialisées, l’objectif est d’éviter de soutenir les établissements qui nuisent à l’environnement et de soutenir les acteurs d’une véritable transition écologique. Nous pouvons peser et faire évoluer les opérateurs les plus puissants », estime Audrey Hénocque, première adjointe de la ville de Lyon, chargée des finances et de la commande publique. Les emprunts de la collectivité représentent un total de 400 millions d’euros. La majorité écologiste a aussi décidé de lancer « une obligation verte », commercialisée par la Crédit agricole au nom de la ville, proposée aux investisseurs à partir d’un ticket d’entrée de 100 000 euros. La municipalité espère mobiliser de 10 à 20 millions d’euros avec cette obligation.

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