A l’Assemblée nationale, une semaine décisive pour le partage des postes-clés entre les oppositions et la majorité

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C’est un test grandeur nature pour la cohésion de la nouvelle Assemblée nationale. Avant même qu’il ne soit question de projets de loi ou d’amendements, la semaine qui s’ouvre au Palais-Bourbon pose une série d’échéances décisives dans l’établissement des rapports de force au sein de l’institution.

Les 577 députés doivent procéder à la répartition des postes-clés, de la présidence de l’Assemblée nationale aux présidences des huit commissions permanentes en passant par la questure, les six vice-présidences et les douze postes de secrétaires qui composent le bureau, l’organe qui supervise le fonctionnement interne de l’institution.

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La composition inédite de l’Assemblée nationale donne une autre portée à ces désignations internes. Certes, elle est dominée par la coalition présidentielle – Renaissance-ex-La République en marche (LRM), MoDem et Horizons – mais celle dernière, cantonnée au rang de majorité relative, sera vraisemblablement enserrée par sept groupes d’oppositions – le Rassemblement national (RN), La France Insoumise (LFI), Les Républicains (LR), les socialistes, les écologistes, les communistes, et un groupe composite d’élus ultramarins, corses, et centristes.

Les parlementaires devront élire mardi le président de l’Assemblée nationale, qui, en plus de présider les séances, devra user de ses talents de médiateur pour permettre aux oppositions comme à la majorité de trouver leur place dans ce nouveau contexte. Trois candidats sont déjà en lice, les députés Annie Genevard (LR, Doubs), Sébastien Chesnu (RN, Nord) et Yaël Braun-Pivet (LRM, Yvelines). Cette dernière a quitté le ministère des outre-mer dimanche, après un décret publié le jour même au Journal officiel.

Yaël Braun-Pivet, favorite pour le perchoir

Candidate de la majorité pour succéder à Richard Ferrand, défait aux élections législatives dans le Finistère, l’ancienne présidente de la commission des lois a bien des chances de l’emporter lors d’un scrutin à bulletin secret organisé à la tribune. Si, au bout de deux tours, la majorité des suffrages exprimés ne s’est pas portée sur un candidat, la majorité relative suffit au troisième tour, de quoi assurer en partie la victoire de Yaël Braun-Pivet. D’autant que sa personne fait l’unanimité aussi bien dans la majorité que chez une partie des LR, convaincus à l’idée d’élire pour la première fois en France une femme à la tête de l’Assemblée nationale.

La députée Yaël Braun-Pivet arrive à l’Assemblée nationale, à Paris, le 21 juin 2022.

Sans précédent aussi, c’est un élu novice du RN, José Gonzales, 79 ans, le doyen de l’Hémicycle, qui présidera cette séance inaugurale de la XVIe législature.

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