A l’Assemblée nationale, Renaissance et Horizons se déchirent sur la lutte contre la récidive

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Sous jacentes depuis le début de la législature, les lignes de fracture au sein de la coalition présidentielle ont éclaté au grand jour, jeudi 2 mars, à l’Assemblée nationale. Dans un Hémicycle presque désert pour la niche parlementaire du groupe Horizons – où ses textes sont à l’ordre du jour jusqu’à minuit –, les députés de Laurent Marcangeli (Corse-du-Sud) et les membres du parti présidentiel, Renaissance, se sont déchirés toute la matinée autour d’une proposition de loi qui visait à « mieux lutter contre la récidive ». Un texte soutenu par la droite et l’extrême droite.

Le rejet de l’article 1er de cette proposition de loi instaurant une peine minimale d’un an d’emprisonnement pour les auteurs « de délits de violences, commis en récidive, contre les agents publics » a contraint la rapporteure Naïma Moutchou (Val-d’Oise, Horizons) à retirer son texte ainsi vidé de sa mesure principale. Celle-ci avait reçu l’opposition des élus Renaissance, de la gauche et d’une partie du MoDem avec 98 voix contre 87. La vice-présidente Horizons de l’Assemblée a fustigé un « gâchis » et des « coups tordus » des élus Renaissance et du ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, accusé à plusieurs reprises d’obstruction, après avoir multiplié les longues prises de parole.

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Quelques instants avant le scrutin sur l’article 1er, des élus opposés au texte ont accouru dans l’Hémicycle. La commission des affaires économiques, qui étudiait au même moment le projet de loi d’accélération du nucléaire, avait alors suspendu ses travaux. « J’étais prête au combat d’idées, argument contre argument, conviction contre conviction. J’étais moins prête aux coups tordus – je dois vous le dire les amis – aux manœuvres, aux coups de procédure… Nous étions attendus sur ce sujet mais certains d’entre vous ont voulu en faire une affaire personnelle », s’est indignée Naïma Moutchou. Devant cette « absence de maturité politique » dénoncée par le président du groupe, Laurent Marcangeli, l’élu Horizons de Seine-et-Marne, Frédéric Valletoux va plus loin : « Il y aura un avant et un après. »

Un texte « caricaturé »

Chez les élus macronistes, pas de mea culpa. En établissant une peine minimale, la proposition de loi portée par Mme Moutchou restaurait, selon eux, le dispositif des « peines planchers » mis en place, en 2008, par Nicolas Sakozy, avant d’être abrogés, en 2014, sous François Hollande. « Les peines planchers n’ont pas permis de réprimer la délinquance, ni de lutter contre la récidive », a soutenu le garde des sceaux. « Nous avons toujours fait obstacle à une telle mesure », a poursuivi le président Renaissance de la commission des lois, Sacha Houlié, appelant le camp présidentiel au « pragmatisme » et à la « cohérence ».

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