A l’Assemblée nationale, l’aile gauche de la majorité cherche la lumière

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Contrairement à d’autres, ils étaient mobilisés à l’aube. Avec, déjà, l’envie de balayer leur nostalgie et leurs premières déceptions. Enfants perdus de la social-démocratie, orphelins de Dominique Strauss-Kahn, déçus par François Hollande, ils avaient suivi Emmanuel Macron dès 2015 ou 2016, prêts à se mettre en marche aux premières lueurs. Depuis, ils ont le vague à l’âme. « L’aile gauche », selon l’expression consacrée, ce « macronisme originel », préfère dire le président du bureau exécutif de Renaissance, Richard Ferrand, cherche à exister depuis 2017. Et ne cesse de s’interroger sur sa réelle influence face au poids des ministres issus de la droite et aux arbitrages de l’Elysée.

Lire la chronique : Article réservé à nos abonnés « Le macronisme, un cap fluctuant, au gré des circonstances »

Ses représentants en sont souvent réduits à rappeler qu’ils sont une pièce essentielle de la mosaïque macroniste. Sans en être toujours convaincus. « Beaucoup de nos militants apprécient notre capacité à trouver des compromis avec des gens qui viennent de la gauche et de la droite, rappelle Cécile Rilhac, députée Renaissance du Val-d’Oise. J’aimerais me convaincre aujourd’hui qu’il y a encore quelque chose de possible à faire dans ce sens. »

La réélection de 2022 aurait pu tout changer. Le Covid-19 avait réhabilité le rôle de l’Etat stratège, Emmanuel Macron avait infléchi son discours dans l’entre-deux tours, en promettant la planification écologique, et la nouvelle première ministre, Elisabeth Borne, est issue du socialisme. Le 26 octobre, une autre stratégie a été officialisée. Sur France 2, le président de la République a affiché sa volonté de nouer une « alliance » avec les députés Les Républicains (LR), pour consolider un quinquennat jusqu’ici tributaire des soubresauts d’une Assemblée nationale sans majorité absolue. Avec l’appui de Nicolas Sarkozy, qui tente de rallier son camp au chef de l’Etat, le plan est désormais assumé.

Tropisme vers la droite

Depuis ce jour, les députés de l’aile gauche se démènent pour expliquer que de premières fissures apparaissent dans la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) après que les socialistes ont choisi de ne pas voter, le 4 novembre, la dernière motion de censure déposée par les « insoumis », voyant là de potentiels alliés pour renforcer la majorité. « L’évolution récente du groupe socialiste change la donne », explique Sacha Houlié, député Renaissance de la Vienne et président de la commission des lois, qui en a parlé directement avec le chef de l’Etat. Si elle reconnaît que cet appel aux élus de droite avant leur congrès prévu début décembre est « tactiquement malin », la députée Renaissance du Loiret, Caroline Janvier, attend aussi « une main tendue vers la gauche ».

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