A Avignon, une campagne d’affichage sauvage reprend la fresque d’un graffeur antisystème caricaturant Macron en Hitler

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« Agissements inacceptables » pour la maire (PS) d’Avignon Cécile Helle, « amalgame avec les heures les plus sombres de notre histoire » pour la préfète du Vaucluse, Violaine Demaret, « condamnation totale » du président (Renaissance) de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur Renaud Muselier… Elus et responsables publics locaux comme nationaux sont unanimes pour condamner l’affichage sauvage, dans la nuit du mercredi 17 au jeudi 18 mai, de caricatures représentant Emmanuel Macron, les tempes grisonnantes, affublé d’un « 49-3 » en guise de moustache, dans une allusion transparente à Adolf Hitler. L’affiche est complétée d’une citation de Gandhi sur le « devoir sacré » de la « désobéissance civile » face à un Etat « hors la loi ou corrompu ».

Une dizaine de ces affiches, où le visage caricaturé de M. Macron est encadré par les mots « Non merci » et le hashtag #agirousubir, ont été collées sur des panneaux d’affichage de la cité papale, avant d’être enlevées, dans la journée de jeudi, par les services municipaux. Ces affiches sont, en réalité, une réplique d’une fresque murale d’un graffeur local, Lekto, qui avait déjà fait polémique en avril. Réalisée sur un parking de la ville, elle avait été effacée immédiatement, à la demande de la mairie d’Avignon.

On ne sait pour l’instant pas qui a pu procéder à ce collage sauvage. Sur les réseaux sociaux, les militants locaux du parti de Florian Philippot, Les Patriotes, très engagé contre la politique sanitaire depuis la pandémie de Covid-19, ont été les premiers à saluer, jeudi, cette « belle réponse des Vauclusiens » qui « signifient leur refus du 49.3 et de l’autoritarisme », évacuant la dimension polémique en jugeant qu’il s’agit là d’une simple « provoc politique ». Contacté, Victor Valero, responsable local des Patriotes, assure n’avoir rien à voir avec cet affichage, qu’il a « découvert » en sortant de chez lui, mais « soutient cette action », saluée également dans plusieurs groupes complotistes ou hostiles à la vaccination contre le Covid-19 sur les réseaux sociaux.

Le graffeur Lekto – qui n’a pas répondu aux sollicitations du Monde – bénéficie déjà d’une certaine popularité dans les sphères hostiles à la vaccination et au « système ». Actif depuis 2020, il a réalisé nombre de fresques provocatrices autour de l’actualité, avec un prisme anti-système et hostile aux médias « mainstream », grimés en chiens tenus en laisse dans une de ses œuvres, réalisée en 2022.

Certains de ses dessins ont ainsi représenté l’ex-ministre de la Santé, Olivier Véran en « soldat du big pharma », le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, vêtu en CRS, affublé d’un strabisme et brandissant un lanceur de balles de défense ; ou encore l’ex-ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, affublé d’un bonnet d’âne. A contrario, d’autres figures ont eu droit de la part de Lekto, à un traitement plus favorable, comme le chanteur et activiste conspirationniste Francis Lalanne, représenté en Astérix vêtu d’un gilet jaune ; ou le controversé professeur Didier Raoult, figuré en train de faire le signe distinctif du rappeur marseillais Jul.

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