“30 minutes pour être prof” : pas de concours, meilleurs salaires… tout comprendre à la polémique du job-dating

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Pendant quatre jours, l’académie de Versailles souhaite recruter 1 300 professeurs via un immense “job-dating”.

Trente minutes pour être professeur ? C’est possible selon l’académie de Versailles. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, la rectrice de l’académie de Versailles, Charline Avenel, lance un appel pour recruter de nouveaux candidats lors d’un “job-dating” organisé sur quatre jours. “Vous recherchez un emploi ? Un nouveau métier qui a du sens ?”, lance-t-elle face caméra, avant d’inviter à devenir “professeur dans les écoles, en collège, en lycée.” Grâce à ces “journées de recrutement”, elle compte embaucher près de 1 300 enseignants contractuels.

France 2 y a consacré un reportage, ce lundi 30 mai et les candidats étaient au rendez-vous. De nombreux profils étaient présents, parmi eux, des diplômés sans emploi et des personnes en reconversion professionnelle. Pour pouvoir postuler, seul, un bac +3 est demandé. Cette initiative avait été testée dans les académies de Toulouse et Poitiers et suscitait déjà la polémique.

“Ce mode de recrutement des enseignants est un véritable scandale d’état ! Une insulte faite à toute la profession, aux personnes qui ont passé un concours difficile pour avoir le droit de transmettre. Et la conséquence du néolibéralisme sauvage…”, “des enseignants au rabais”, “30 minutes pour devenir prof quand il faut normalement cinq ans”, “quelle honte, quel mépris pour les enseignants, les élèves et leurs familles”, réagissent des milliers d’internautes en découvrant l’initiative.

“Vous feriez confiance à un type recruté en ‘job dating’ pour remplacer un chirurgien”

Les syndicats et politiques se sont également indignés de la pratique. “Vous feriez confiance, vous, à un type recruté en “job dating” pour remplacer un chirurgien et vous faire une opération du rein ? Non ? Eh bien, pourtant, on va le faire pour nos enfants, avec des “fast profs” recrutés en 30 minutes. Macron casse l’école.”, a tweeté François Ruffin.

Michaël Delafosse, maire de Montpellier et professeur d’Histoire et de géographie, dénonce “un mode de recrutement inacceptable. “Je reste attaché à l’exigeant recrutement par concours, seul garant du niveau de connaissance et de compétence. Il faut une revalorisation rapide pour les professeurs.”

Ce mode de recrutement n’est pas acceptable ; symptôme de la dépréciation d’un métier qui perd en attractivité.
Je reste attaché à l’exigeant recrutement par concours, seul garant du niveau de connaissance et de compétence.
Il faut une revalorisation rapide pour les professeurs. https://t.co/OzW5bJT63I

— Michaël Delafosse (@MDelafosse) May 31, 2022

Le rectorat a publié les rémunérations de chaque poste : 2 022 à 2 327 € bruts mensuels, selon le niveau de diplôme, en enseignement général, et 1820 à et 2903 € bruts mensuels selon le niveau de diplôme et d’expérience pour l’enseignement technique et professionnel. Des primes sont prévues dans certains cas précis (enseignement en réseau d’éducation prioritaire, etc.).

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