Les deux dernières motions de censure déposées à l’Assemblée nationale contre le gouvernement n’ont, comme c’était attendu, pas abouti. La gauche, hors Parti socialiste, et le Rassemblement national et son allié de l’Union des droites pour la Républiques, avaient déposé ces motions pour protester contre le recours du Premier ministre, Sébastien Lecornu, à l’article 49.3 pour faire adopter le budget de l’État pour 2026. Le chef du gouvernement avait annoncé, il y a quelques mois, qu’il n’utiliserait pas cet article, mais face au blocage qui durait depuis des mois, il a finalement décidé d’engager la responsabilité de son gouvernement.
Un gouvernement qui a donc survécu à ces deux dernières motions de censure. Il a manqué 29 voix à celle de la gauche : elle n’a obtenu que 260 voix, alors qu’il en fallait 289 pour faire tomber le gouvernement Lecornu II. Celle de l’extrême droite en a recueilli 135. Résultat : le budget 2026 est définitivement adopté. C’est un chapitre long de quatre mois et qui aura nécessité 286 heures de débats qui se referme.
Le budget de l’État, qui avait été présenté en Conseil des ministres le 14 octobre, prévoit de ramener le déficit à 5,0% du produit intérieur brut, contre 5,4 en 2025. Dans sa copie initiale, le gouvernement tablait sur un déficit public réduit à 4,7%, mais des concessions ont été nécessaires, notamment auprès PS, par exemple sur le budget de la Sécurité sociale ou celui de l’État.
Dans un message posté sur le réseau social X, Sébastien Lecornu s’est réjoui que la France ait « enfin » un budget, qui n’est certes « pas le texte du gouvernement » mais « le résultat d’un compromis parlementaire, intégrant des amendements de tous les groupes ». Le Premier ministre va désormais saisir le Conseil constitutionnel pour que celui-ci vérifie la conformité du budget.
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