Simplifier les procédures pour les agriculteurs, multiplier les contrôles et les analyses de l’eau. Ce nouveau plan d’action ajoute certaines règles, mais ce n’est pas le seul levier à activer, selon Arnaud Clugery, directeur de l’association Eau et Rivières de Bretagne : « On a besoin d’un signal économique. On a besoin réellement d’une mobilisation des filières agroalimentaires de la grande distribution. Et ça, l’État a les moyens de le faire mais ne les prend pas. »
Il regrette notamment le manque de soutien économique à la filière biologique, pourtant bien plus respectueuse des sols : « Quand la filière biologique s’est trouvée en difficulté ces deux-trois dernières années. Elle n’a pas trouvé le soutien de l’État qu’elle aurait dû trouver, parce qu’elle apporte réellement une réponse, une solution au problème. »
Autre mesure au programme, la surveillance accrue de zones à enjeux bien définis. Ces endroits correspondent à 20 % de la surface agricole bretonne et sont les plus touchés par les algues vertes, mais c’est loin d’être suffisant. « C’est l’ensemble de la Bretagne qui est classé en zone vulnérable. C’est l’ensemble de la Bretagne qui est touché par la pollution, par les nitrates. Donc on a besoin d’un socle d’actions. Et puis on a besoin que l’argent public aille au bon endroit. »
À lire aussiComprendre les algues vertes en Bretagne
Dégagement de gaz mortel
Depuis 1971, des tonnes d’algues vertes s’échouent chaque année sur les plages bretonnes. En pourrissant, elles dégagent du sulfure d’hydrogène, un gaz mortel en cas d’exposition à de fortes concentrations. Les conséquences sont multiples : des ostréiculteurs envahis, des plages fermées au public, jusqu’à des décès suspects.
Ces annonces sont une réponse partielle et tardive au tribunal administratif de Rennes, chef-lieu de la région, qui en mars 2025 avait ordonné au préfet de Bretagne, représentant de l’État dans la région, de renforcer son action contre les pollutions au nitrate sous dix mois. Le nouveau programme d’action entre en vigueur à la rentrée 2026, avec huit mois de retard.
À lire aussiAlgues sargasses et algues vertes: les origines de leur prolifération sont-elles communes?



