mardi, septembre 15

  • La hausse du prix des carburants, d’une ampleur historique, a-t-elle fait des gagnants ?
  • Si le ministère de l’Économie a, un temps, suspecté la grande distribution de gonfler ses tarifs, ce sont désormais les raffineurs qui sont pointés du doigt.

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À chaque plein d’essence, vous payez toujours plus cher, mais certains s’enrichissent-ils ? Distributeurs, raffineurs, taxes et donc l’État sont à tour de rôle pointés du doigt. 

Serait-ce la faute des distributeurs ?

Ils ont été les premiers visés par les critiques. Souvenez-vous, dès le début de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement organisait en grande pompe des contrôles en station, avec une mission : voir si leurs marges avaient augmenté. « Au fil du temps, toutes les stations seront contrôlées », lançait en mars dernier Serge Papin, le ministre des petites et moyennes entreprises. Des centaines de contrôles plus tard, la réponse tombe. Dans un document censé faire la transparence sur les prix, le gouvernement nous apprend que les marges brutes n’ont pas augmenté, mais elles ont baissé de quelques centimes. 

Les raffineurs, ceux qui produisent les carburants, sont-ils en cause ?

C’est en tout cas ce que certains avancent. « Au niveau du raffinage, les marges ont triplé, voire quadruplé. C’est sur ce maillon qu’il faudrait peut-être faire un effort », soulignait début septembre Dominique Schlecher, le PDG de Coopérative U. Que disent les chiffres ? Les journalistes de TF1 ont étudié les résultats du pétrolier français TotalEnergies au 1er semestre 2026. À la ligne raffinage, le montant est sans appel. Le pétrolier a gagné, sur les 6 premiers mois, près de 4 milliards de dollars. C’est près de 5 fois plus qu’il y a un an. Le groupe se défend pour autant de profiter de la crise et rappelle que le plafonnement de ses prix en station représente un manque à gagner de près de 400 millions d’euros. 

L’État serait-il finalement le grand gagnant ?

Alors que 50% du montant d’un litre d’essence est composé de taxes, logiquement, plus les prix augmentent, plus les recettes liées à ces taxes s’accumulent. Serait-il possible de les baisser ? « Deux taxes frappent l’essence aujourd’hui : il y a les droits d’accises  et la TVA. Et sur ces deux prélèvements, la France est nettement au-dessus des minimums imposés par l’Europe. Elle pourrait donc baisser, mais le principal obstacle, il est budgétaire », explique François Lenglet, éditorialiste économie TF1-LCI. Contacté, Bercy nous assure que le projet n’est absolument pas à l’étude, d’autant plus que la consommation de carburant a baissé de 6%. Les recettes fiscales avec.

Virginie FAUROUX | Reportage : Charles DIWO, Olivier STAMMBACH et Julien CLOUZEAU

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