Pedro Sánchez et Donald Trump se sont rencontrés dimanche dans les tribunes du MetLife Stadium pour la finale de la Coupe du monde 2026 entre l’Espagne et l’Argentine. Le roi Felipe VI, ainsi que la reine Leticia et les princesses Leonor et Sofía, avaient également fait le déplacement.
Cette rencontre intervient après des mois de tensions entre Washington et Madrid à propos des dépenses de défense, mais aussi après que Trump a récemment assuré que l’Espagne s’était « entièrement rachetée » après avoir accepté une « importante contribution financière » à l’OTAN lors du sommet d’Ankara.
Alors qu’en Turquie le président américain était allé jusqu’à qualifier le pays de « cause perdue » et avait menacé de rompre les relations commerciales, il a ensuite modéré son discours lors de son vol de retour vers Washington.
De son côté, Pedro Sánchez a défendu que l’Espagne avait « largement rempli ses obligations » en augmentant sensiblement son budget de défense.
Quelques heures avant la rencontre, dans des déclarations (source en espagnol) à la chaîne RTVE, le président du gouvernement espagnol a tenu à féliciter le dirigeant américain pour le 250e anniversaire du pays, célébré ces jours-ci.
Interrogé sur la possibilité que Donald Trump soit celui qui remette le trophée aux vainqueurs, Pedro Sánchez aavait refusé de polémiquer, estimant : « Pour moi, plus que la personne qui le remet, l’important est celle qui le reçoit. »
Alors que la délégation espagnole était présente, l’absence du président argentin, Javier Milei, s’est fait sentir dans la loge d’honneur. Il a indiqué cette semaine qu’il ne se rendrait pas au match en personne par superstition. Pour sa part, Donald Trump, dans une interview accordée à la chaîne Fox News, a décrit le dirigeant argentin comme un « ami » et, à propos de la rencontre, a estimé qu’« il est difficile de parier contre Messi ».
Des tensions persistantes autour des dépenses de défense
Les clés de ce bras de fer tendu se trouvent dans les dépenses militaires de l’Espagne. Madrid reste loin de l’objectif de 5 % du PIB fixé à La Haye, une exigence de la Maison-Blanche que Pedro Sánchez a rejetée l’an dernier, la jugeant « déraisonnable et contre-productive ». Washington insiste pour que ses alliés assument une plus grande responsabilité financière et a menacé de quitter l’Alliance.
La situation s’est aggravée avec le début de l’offensive israélienne contre Gaza, que le gouvernement socialiste est allé jusqu’à qualifier de génocide, ce que Washington rejette catégoriquement. Mais la relation bilatérale s’est encore détériorée après le déclenchement de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
Le gouvernement espagnol a invoqué l’accord bilatéral de défense pour interdire l’utilisation des bases de Rota et Morón dans les opérations américaines. Malgré le récent rapprochement de Trump, la principale source de friction reste intacte : l’Espagne refuse l’objectif de 5 % du PIB tandis que les États-Unis cherchent à maintenir la pression.




