samedi, septembre 5

  • Après un premier cas autochtone de fièvre du Nil occidental détecté mi-juillet dans le sud de la France, la circulation continue de progresser en France.
  • Cette maladie est transmise par les moustiques et transportée par les oiseaux sauvages.
  • Dans la majorité des cas, le virus est bénin, mais il peut parfois se révéler mortel, comme le montre la situation aux Pays-Bas où l’un des patients contaminés cet été est décédé.

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Trente-neuf cas autochtones d’infection par le virus du Nil occidental ont été recensés en France au 30 août, soit neuf cas de plus par rapport à la semaine précédente, selon un bilan hebdomadaire de Santé publique France (nouvelle fenêtre). Ces cas se situent dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Île-de-France, et Auvergne-Rhône-Alpes, sachant que « pour deux cas, aucun lieu précis de contamination n’a pu être identifié », ajoute l’autorité sanitaire dans un communiqué publié mercredi. Un premier cas autochtone avait été détecté mi-juillet dans le sud de la France, marquant la première circulation du virus du Nil occidental chez l’Homme dans l’Hexagone en 2026.

Le plus souvent asymptomatique et bénin, le Nil occidental peut être parfois mortel, comme l’illustre la situation aux Pays-Bas, où un patient est décédé fin août. Le pays a recensé pour sa part neuf cas d’infection au 2 septembre, a indiqué jeudi l’Institut néerlandais pour la santé publique et l’environnement (RIVM) dans un communiqué.

De quoi parle-t-on ?

La fièvre dite West Nile est une maladie virale issue d’un virus appartenant à la famille des Flaviviridae, transmis dans la plupart des cas par les moustiques les plus communs (Culex), qui se contaminent exclusivement au contact d’oiseaux sauvages infectés. À noter qu’en 2023, une étude de surveillance menée en France par l’Institut Pasteur a conclu que le moustique tigre, principalement vecteur de virus comme le chikungunya, la dengue et zika, a acquis la capacité de transmettre les virus West Nile. (nouvelle fenêtre)Les chevaux, mais aussi parfois les hommes, sont des « hôtes accidentels » du West Nile qui peuvent être atteints par ce virus lorsqu’ils sont piqués par des moustiques infectés, mais qui ne peuvent pas le transmettre à leur tour. 

Plus rarement, la maladie peut circuler via les produits d’origine humaine, lors de transfusion sanguine ou de transplantation d’organe, de tissus ou de cellules, note le ministère de la Santé sur son site (nouvelle fenêtre), qui précise que des cas de transmission de la mère à l’enfant durant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement ont également été observés.

Quels sont les symptômes ?

La maladie se manifeste chez les équidés sous forme de fièvre qui peut prendre une forme nerveuse (abattement, tremblements, troubles neurologiques). Une guérison spontanée intervient généralement au bout de quatre semaines, mais des formes graves avec paralysie et mort peuvent survenir.

Dans la plupart des cas, l’infection chez l’homme n’entraîne l’apparition d’aucun symptôme, et elle se manifeste chez environ 20% des personnes infectées par un syndrome « pseudo-grippal » (fièvre, douleurs musculaires, maux de tête) parfois accompagné d’une éruption cutanée. Dans de rares cas (1%), elle peut également entraîner des complications neurologiques graves, notamment chez des personnes immunodéprimées ou âgées, qui peuvent conduire au décès.

Alors qu’il n’existe pas de vaccin pour l’homme, le seul moyen de réduire le nombre d’infections humaines « consiste à sensibiliser les populations aux facteurs de risque », souligne l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Cela implique de se protéger des piqûres de moustiques en luttant notamment contre leur prolifération autour du domicile, mais aussi d’éviter le contact direct avec des animaux malades. 

Quelle circulation en France ?

Découvert en Ouganda en 1937, dans la région du Nil occidental dont il tire son nom, le virus s’est depuis répandu sur tout le continent africain, mais aussi en Asie, en Australie, en Amérique, au Moyen-Orient et en Europe, sur le pourtour méditerranéen. Selon Santé publique France, la fièvre du Nil occidental circule de façon plus importante en Russie et en Europe depuis 2010, avec des cas signalés pour la première fois en Allemagne et aux Pays-Bas en 2019 et 2020.

Le virus du Nil occidental est apparu en France dans les années 1960 et n’a été observé pendant longtemps que dans le pourtour méditerranéen. La maladie avait fait son retour en août 2015  dans l’Hexagone, d’abord chez des chevaux du Gard, de l’Hérault et des Bouches-du-Rhône, puis en octobre chez l’homme, après une longue période, à savoir depuis 2003, sans aucun cas rapporté. Des contaminations ont depuis été recensées sur la façade atlantique, confirmant l’expansion du virus, et, en 2024, un cas autochtone a été signalé pour la première fois en Gironde. Selon Santé publique France, 62 contaminations ont été rapportées au total l’an dernier en France. Six régions étaient concernées, dont trois inédites : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Normandie.

Audrey LE GUELLEC

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