samedi, janvier 17
Chloé P. lors de son départ de la cour d’assises du Loir-et-Cher à Blois, le 15 janvier 2026.

Marvin Joli a été reconnu coupable et condamné à quinze ans de prison, vendredi 16 janvier, par la cour d’assises du Loir-et-Cher pour violences volontaires aggravées, alors qu’il était jugé pour tentative de meurtre sur son ex-compagne, qui avait vainement tenté de déposer plainte avant sa violente agression en 2022. A cette peine, s’ajoutent une peine de sûreté à hauteur des deux tiers, un suivi sociojudiciaire de sept ans avec injonction de soins et l’interdiction d’entrer en contact avec les parties civiles.

La cour et le jury ont estimé « qu’en dépit de la violence et de la localisation des coups portés » notamment à la tête de la victime, un doute subsistait sur la volonté de Marvin Joli de tuer Chloé P., qui conserve des séquelles irréversibles de son agression. L’homme de 30 ans avait exprimé ses « excuses » avant la clôture des débats, assurant qu’il n’avait jamais voulu tuer son ex-petite amie. « J’ai vrillé (…) C’est comme si ma force avait été décuplée », a dit l’accusé, crâne rasé et en jogging, dont le casier judiciaire comporte déjà 14 mentions.

Une intention de donner la mort que Marvin Joli a toujours niée, mais qui ne faisait « aucun doute » pour l’avocate générale, Stéphanie Clément-Bornet, qui avait requis vingt-deux ans de prison à son encontre. « Je n’ai aucun doute » que l’accusé « a porté des coups » et « bel et bien voulu tuer » une femme « désormais marquée à tout jamais », avait-elle déclaré dans son réquisitoire.

Me Isabelle Steyer, l’avocate de Chloé P., a rappelé que « Chloé a réchappé de très peu à la mort ». « Elle ne comprend pas, elle est très déçue », a-t-elle ajouté.

Une jeune femme « miraculée »

Après avoir suivi l’intégralité des débats dignement et entourée de ses parents, Chloé P. a cette fois semblé accuser le coup, au moment de l’énoncé du verdict. La veille, elle était très brièvement sortie, choquée en découvrant les images de son visage défiguré par les coups.

« Je suis très déçue, je ne comprends pas. Il faudrait peut-être mieux que la femme meurt », s’est lamentée la mère de la jeune femme, qui avait appelé à une « peine maximale et exemplaire ».

Les séquelles de la jeune femme « miraculée » selon sa mère, aujourd’hui âgée de 27 ans, sont nombreuses. Outre la perte de son œil droit, elle a subi des lésions neurologiques irréversibles, au terme notamment de deux mois de coma. Jeudi, à la barre, la mère de la victime a détaillé la perte des « souvenirs », du « goût », de « l’odorat » dont souffre désormais sa fille.

L’avocat de son ex-compagnon, Me Stéphane Rapin, avait demandé la requalification des faits, fustigeant des réquisitions « sans nuance et à charge » et rappelant que son client avait reconnu des violences volontaires.

Le Monde avec AFP

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