vendredi, mars 6

Les fonds de « private equity » qui investissent sur des valeurs non cotées en Bourse, comme du capital et de la dette de start-up ou d’entreprises de taille intermédiaire, veulent séduire les épargnants en mettant en avant des rendements supérieurs à 10 % par an.

Cependant, ces performances s’entendent pour des portefeuilles investis à 100 % sur ces actifs privés, ceux à haut ticket d’entrée, qui s’adressent aux investisseurs professionnels ou extrêmement fortunés. Les produits accessibles aux particuliers, qui se multiplient ces derniers mois, ne peuvent laisser espérer de tels bénéfices.

Le gestionnaire Amundi vise par exemple un rendement annuel moyen de 8 % pour son fonds de la gamme Prima investi sur des actifs privés et de l’infrastructure. La Banque postale Asset Management (LBP AM) communique sur 6 % à 7 % pour son fonds LBP AM Private opportunities. Quand chez Axa-BNP, 10 000 euros placés sur le Eltif 2 AXA Financement Entreprises en 2024 vaudraient aujourd’hui un peu plus de 10 700 euros net.

Pourquoi une telle différence entre « private equity pur » et fonds destinés aux particuliers ? D’abord en raison de la structure des seconds. Pour être distribués partout en Europe, ils doivent être dotés du label Eltif – en anglais european long-term investment fund, « fonds européens d’investissement de long terme ». Ce cadre adopté en 2015, puis profondément revu en 2024, concilie deux objectifs du législateur : « La protection de l’investisseur et le besoin de financer l’économie réelle », décrit Didier Deleage, directeur adjoint de la gestion d’actifs pour l’Autorité des marchés financiers.

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Depuis janvier 2024, les fonds labellisés Eltif doivent détenir un minimum de 55 % d’actifs non cotés et plafonner leurs rachats sur la base de leur poche d’actifs liquides. Selon les choix du gestionnaire, cette poche peut atteindre jusqu’à 45 % du portefeuille. « En moyenne, 15 % à 20 % sont investis sur des actions classiques, des obligations ou des liquidités, constate Mara Dobrescu, responsable de la recherche sur les fonds obligataires pour Morningstar. Ce qui pénalise une partie de la croissance potentielle. »

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