vendredi, avril 10

  • Un troisième foyer de « fourmis électriques » a été détecté le mois dernier à Cavalaire-sur-Mer, dans le Var.
  • Une espèce exotique très dangereuse pour l’homme, sa piqûre pouvant provoquer une forte douleur et une réaction allergique, mais surtout pour la biodiversité.

C’est une petite bête qui monte, qui monte… et dont la piqûre est particulièrement redoutable. Un nouveau foyer de « fourmis électriques » a été détecté le mois dernier à Cavalaire-sur-Mer, dans le Var, a annoncé ce jeudi 9 avril la préfecture lors d’une conférence de presse.  La « fourmi électrique », aussi appelée « fourmi de feu », doit son surnom à la sensation extrêmement douloureuse qui est causée par sa piqûre, comparable à une décharge électrique ou à une brûlure. Elle mesure à peine plus de 1,5 millimètre, mais son potentiel de nuisance est énorme, et les biologistes prennent l’affaire très au sérieux. 

De son nom scientifique Wasmannia auropunctata, cette fourmi originaire d’Amérique du Sud aurait posé ses valises dans le Var – unique département où sa présence est attestée à ce jour – dès 2021, probablement « lors d’un transport de plantes », avance l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie (IMBE), en charge de suivre sa progression. Jusque-là, elle n’avait été observée qu’une fois en Europe, dans la région de Malaga en Espagne. La première détection directe dans l’Hexagone remonte à l’été 2022 (nouvelle fenêtre) dans une résidence du bord de mer près de Toulon, par un passionné d’insectes. 

Elle peut provoquer des chocs anaphylactiques

Puis, un second foyer avait été détecté en octobre de la même année (nouvelle fenêtre) dans un lotissement résidentiel à la Croix-Valmer. C’est le propriétaire qui a donné l’alerte après en avoir trouvé dans son jardin. Même si elle se déplace lentement, cette fourmi est extrêmement envahissante du fait de son mode de reproduction. En effet, elle cumule un système de reproduction classique sexuée et une production de reines et de mâles par clonage, comme l’explique Olivier Blight, chercheur à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie à l’Université d’Avignon, dans une vidéo (nouvelle fenêtre) accessible sur le site de l’IMBE.

La fourmi électrique est une espèce exotique très dangereuse pour l’homme, sa piqûre est extrêmement douloureuse, comparable à « une sensation d’ortie en plus fort et plus long puisque cela dure 2-3 heures », décrit à l’AFP ce spécialiste. Elle peut provoquer des chocs anaphylactiques parmi les personnes allergiques. Mais cet insecte ravageur est surtout un danger pour la biodiversité. Sa piqûre est capable d’anéantir des insectes et de provoquer la cécité d’autres animaux ou bien de les faire fuir durablement. De plus, elle élève des pucerons, des cochenilles et a donc aussi des effets dévastateurs sur l’agriculture. 

Fredon Paca, un opérateur public de traitement des espèces invasives, et le groupe de travail dédié des universités de Montpellier et Avignon, ont finalisé en début d’année la cartographie des zones affectées. Afin d’enrayer sa progression, un traitement par saupoudrage de produit insecticide va être autorisé dans le Var pour la première fois au niveau des deux premiers foyers détectés. Des réunions publiques seront organisées pour commencer ce traitement en mai et informer les habitants des précautions à prendre. Des zones inaccessibles à l’homme car trop escarpées seront traitées par drone.

Matthieu DELACHARLERY

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