« Alors, on va ouvrir une ruche. » Dans un vrombissement continu, Alexandre Cantonné soulève délicatement le couvercle d’une ruche installée au fond d’un cimetière parisien. Le printemps a commencé tôt cette année et les abeilles produisent déjà du miel. « Et oui, on a l’odeur, on a la chaleur de la ruche », sourit l’apiculteur.
Mais derrière cette reprise de l’activité se cache une inquiétude, celle du frelon asiatique, devenu l’un des principaux prédateurs des abeilles en France. C’est à la fin de l’été qu’ils font le plus de ravages. « On se retrouve avec quatre, cinq, six, dix frelons en vol stationnaire devant chaque ruche et dès qu’une abeille sort, hop, il l’attrape, il coupe la tête, il coupe l’abdomen et ils partent avec le thorax, qui est la boule de muscle. Ils s’en nourrissent », décrit Alexandre Cantonné.
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Vers un plan national de lutte
Sous la menace permanente des frelons, les abeilles sont parfois empêchées de quitter la ruche et ne peuvent alors plus constituer les réserves nécessaires pour passer l’hiver. Des colonies entières sont ainsi décimées. « La clé, c’est vraiment d’attraper les reines fondatrices. Les futures mères. Et ça, ça se joue au début du printemps. À chaque fois qu’on attrape un frelon, c’est un nid en moins. Donc ce sont des milliers d’individus en moins », explique Alexandre Cantonné, membre de l’Union nationale des apiculteurs français.
Mais les efforts des apiculteurs seuls ne suffisent pas. Ils appellent les citoyens et les municipalités à lutter eux aussi : « Certaines villes coordonnent des plans de piégeage et ça, c’est vraiment formidable », souligne l’apiculteur. « Une ville va organiser, avec des bénévoles, la mise en place régulière de pièges, faire un quadrillage du territoire. »
Pour la première fois, l’État français a présenté fin avril un plan national de lutte contre le frelon asiatique, première cause observable de mortalité des colonies d’abeilles en 2023-2024 selon une étude. Une enveloppe de trois millions d’euros par an est prévue, un effort jugé encore insuffisant par les apiculteurs.
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