C’est un des nombreux “dommages collatéraux” du conflit en cours au Moyen-Orient. La guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz “ont fait plus que doubler les prix du kérosène”, note The Guardian. Ce carburant dérivé du pétrole est utilisé par les compagnies aériennes pour faire voler leurs appareils. À cause de la hausse des prix, “deux millions de sièges ont déjà été supprimés des programmes de vols du mois de mai, les compagnies aériennes ayant revu leurs opérations”, explique le quotidien londonien, citant les données de la société d’analyse aéronautique Cirium. Environ 13 000 vols ont d’ores et déjà été annulés pour le mois en cours.
Rien d’impressionnant pour l’instant, puisque ce chiffre représente moins de 2 % des capacités de l’aviation mondiale, mais ce qui inquiète les transporteurs (et leurs clients), c’est la situation que le secteur pourrait devoir affronter cet été. Le spectre est celui d’une pénurie de kérosène qui pourrait engendrer des annulations de vols en cascade en pleine période de vacances. Un scénario catastrophe que certaines compagnies essayent déjà d’éviter en concoctant des plans de “rationalisation” des vols, explique le Corriere della Sera.
Le quotidien italien s’est entretenu avec Michael O’Leary, PDG de Ryanair, ainsi qu’avec les dirigeants d’autres compagnies. Ces derniers ont requis l’anonymat, probablement par peur d’effrayer les clients. Aucun d’entre eux ne parle explicitement de “plan”, mais comme l’explique O’Leary, “nous faisons des approfondissements, et nous savons où nous pourrions intervenir tout de suite au cas où ce serait nécessaire”.
“Si besoin, on commencera par supprimer les vols qui ont lieu en moitié de journée pour maintenir les connexions de la matinée et de la fin d’après-midi, début de soirée”. Jouer sur les horaires donc, mais pas seulement, puisque O’Leary confie également au Corriere que les jours avec moins de trafic comme le mardi, le mercredi ou le samedi pourraient être sacrifiés. Enfin, avance le quotidien milanais, “les plans d’urgence des compagnies prévoient de couper de façon significative des routes domestiques internes au pays”, là où par exemple une connexion de train à grande vitesse existe déjà. Quoi qu’il en soit, à l’heure actuelle, “on ne coupe que dans les routes les moins rentables”, explique au média milanais un directeur des opérations d’une compagnie.
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