
Fidèle à son virage managérial opéré depuis un peu plus d’un an, Fabien Galthié ne fait plus aucun cas des statuts. Et la liste des appelés à préparer l’entrée en lice de l’équipe de France masculine de rugby, dans le Tournoi des six nations l’illustre une nouvelle fois, avec trois absences de poids. Ni l’ailier Damian Penaud, recordman d’essais (40) sous le maillot bleu, ni le centre Gaël Fickou, joueur le plus capé en activité (98 sélections), ni le troisième ligne Gregory Alldritt ne figurent parmi les 42 joueurs, dévoilés mercredi 21 janvier dans un communiqué.
Si Antoine Dupont effectue son retour dans le groupe, un peu moins d’un an après sa rupture des ligaments croisés du genou droit en Irlande, le demi de mêlée ne retrouvera donc pas à Marcoussis (Essonne), Grégory Alldritt (28 ans, 58 sélections) et Gaël Fickou (31 ans) qui l’ont tour à tour remplacé comme capitaine du XV de France. Le staff tricolore a choisi se passer d’eux pour aborder le choc face à l’Irlande, le 5 février au Stade de France (Seine-Saint-Denis), lors duquel les Bleus débuteront la défense de leur titre.
Le message est clair : désormais, plus le moindre passe-droit en sélection même – voire surtout – pour les cadres. Jonglant entre le double objectif de performer tout de suite – le XV de France reçoit à trois reprises dans cette édition 2026, schéma favorable à un éventuel grand chelem – et d’irriguer le groupe bleu en vue de la Coupe du monde 2027 en Australie, Fabien Galthié ne fait pas dans le sentiment. Lui qui ne jurait que par ses « joueurs premium » lors de ses quatre premières années de mandat, les protégeant et les maintenant dans l’équipe en dépit parfois de performances en dents de scie, laisse libre cours à « l’émulation ». Et à la gestion des organismes, fortement sollicités, des internationaux.
Antoine Dupont de retour, comme plusieurs cadres
Car se voir écarter n’est plus synonyme, de porte définitivement close. « Grégory [Alldritt] est dans l’équipe, il est dans le groupe », avait assuré le technicien lotois à l’automne, après avoir annoncé que le troisième ligne rochelais ne figurerait pas parmi les 23 joueurs appelés à affronter l’Afrique du Sud, pour un rematch, deux ans après le quart de finale du Mondial 2023 perdu par les Bleus. « Il a énormément joué avec nous, et avec son club depuis quatre ans, donc il faut envisager des rotations et permettre aux joueurs de se régénérer. » Longtemps indéboulonnable sous le maillot national, ce denier fait face à une concurrence accrue et devra retrouver sa puissance physique ayant fait de lui l’un des meilleurs à son poste.
Pour Damian Penaud, très en forme avec son club, la donne est différente. S’il a battu, en novembre 2024, le record du nombre d’essais inscrits en équipe de France, le virevoltant ailier de l’Union Bordeaux-Bègles pâtit d’un manque d’implication en défense, déjà pointé par le staff tricolore – il avait été écarté un match lors du Tournoi des six nations 2025 après une performance en demi-teinte lors de la défaite en Angleterre. Et de son manque de maîtrise dans les duels aériens, secteur de plus en plus prépondérant dans le rugby international.
Quant à Gaël Fickou, tout proche de devenir le troisième joueur à dépasser les 100 sélections avec les Bleus, capitaine de la tournée en Nouvelle-Zélande à l’été 2025 et du premier match de celle d’automne, il fait les frais du riche vivier au poste de centre. « Il y a une concurrence de fou, comme je n’ai jamais eu en équipe nationale », avait reconnu le joueur du Racing 92 au Midi-Olympique à la fin de la tournée d’automne. D’autant que le staff français aspire à développer les « joueurs à fort potentiel offensif, des joueurs de rupture », que sont les jeunes Kalvin Gourgues (Toulouse) et Fabien Brau-Boirie (Pau), tous deux appelés mercredi.
Si l’encadrement des Bleus a choisi d’aborder la défense de son titre dans les Six nations en se privant volontairement de trois cadres, le collectif qui sera rassemblé, dimanche soir, à Marcoussis, ne sera pas pour autant démuni. En plus de la star Antoine Dupont, les piliers Uini Atonio et Cyril Baille ou le centre Yoram Moefana effectuent notamment leur retour. Avec la présence du puissant deuxième ligne australien – mais éligible à l’équipe de France car évoluant depuis cinq ans dans le pays – de Castres, Tom Staniforth (31 ans), comme nouvelle surprise.
Le groupe des 42 pour préparer France-Irlande
Dorian Aldegheri (Stade toulousain)
Uini Atonio (Stade rochelais)
Hugo Auradou (Section paloise)
Cyril Baille (Stade toulousain)
Paul Boudehent (Stade rochelais)
François Cros (Stade toulousain)
Alexandre Fischer (Aviron bayonnais)
Thibaud Flament (Stade toulousain)
Jean-Baptiste Gros (RC Toulon)
Mickaël Guillard (LOU Rugby)
Oscar Jegou (Stade rochelais)
Anthony Jelonch (Stade toulousain)
Maxime Lamothe (Union Bordeaux Bègles)
Julien Marchand (Stade toulousain)
Temo Matiu (Union Bordeaux Bègles)
Peato Mauvaka (Stade toulousain)
Emmanuel Meafou (Stade toulousain)
Régis Montagne (ASM Clermont)
Rodrigue Neti (Stade toulousain)
Lenni Nouchi (Montpellier HR)
Charles Ollivon (RC Toulon)
Dany Priso (RC Toulon)
Thomas Staniforth (Castres olympique)
Tevita Tatafu (Aviron bayonnais)
Cameron Woki (Union Bordeaux Bègles)
Grégoire Arfeuil (Section paloise)
Théo Attissogbe (Section paloise)
Louis Bielle-Biarrey (Union Bordeaux Bègles)
Fabien Brau-Boirie (Section paloise)
Romain Buros (Union Bordeaux Bègles)
Thibault Daubagna (Section paloise)
Nicolas Depoortere (Union Bordeaux Bègles)
Gaël Dréan (RC Toulon)
Antoine Dupont (Stade toulousain)
Kalvin Gourgues (Stade toulousain)
Aaron Grandidier Nkanang (Section paloise)
Matthieu Jalibert (Union Bordeaux Bègles)
Yoram Moefana (Union Bordeaux Bègles)
Noah Nene (Stade Français)
Thomas Ramos (Stade toulousain)
Baptiste Serin (RC Toulon)
Ugo Seunes (Racing 92)




