- Dans une interview exclusive à TF1, le nouveau patron de Stellantis dénonce une « réglementation inatteignable » sur la fin du thermique.
- Le groupe prévoit malgré tout près de 1.400 embauches en France en 2025, a-t-il également annoncé.
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Le 20H
C’est une première depuis sa nomination : Antonio Filosa, le nouveau patron du groupe Stellantis, s’est exprimé en exclusivité pour TF1, dans un contexte tendu pour l’industrie automobile. Alors que la production tourne au ralenti sur plusieurs sites français (nouvelle fenêtre), il a confirmé 1.400 recrutements supplémentaires prévus dès l’an prochain. Mais c’est surtout contre les normes européennes que l’Italien de 52 ans a poussé un véritable coup de gueule.
Vent debout contre l’interdiction des véhicules thermiques
Il faut dire qu’Antonio Filosa n’a qu’une seule date en tête : 2035, et l’interdiction de la vente des véhicules thermiques neufs en Europe. « De notre point de vue, partagé par la majorité des constructeurs, il faut demander à la Commission européenne de revenir sur cette réglementation. Parce que ce n’est pas atteignable, ce changement est urgent et il doit être considérable ».
Une échéance qu’il juge irréaliste et dangereuse pour l’emploi. « Ce n’est pas bon pour l’industrie, ni pour les consommateurs, ni pour le marché. Ça va détruire des emplois »
, finit par prédire le grand brun.
Nous demandons le même temps que la Chine, lorsqu’elle a préparé son passage à l’électrique
Nous demandons le même temps que la Chine, lorsqu’elle a préparé son passage à l’électrique
Antonio Filosa, Président-directeur-général du groupe Stellantis
Selon lui, l’Europe n’est pas prête à ce basculement technologique. Les composants essentiels des véhicules électriques proviennent encore majoritairement de Chine, où le marché de l’électrique explose jusqu’aux portes du Vieux Continent (nouvelle fenêtre). « Nous demandons le même temps que la Chine, lorsqu’elle a préparé son passage à l’électrique »
, plaide-t-il à notre micro, réclamant dix ans de plus, soit une interdiction repoussée à 2045.
Il faut changer la réglementation
Il faut changer la réglementation
Antonio Filosa, Président-directeur-général du groupe Stellantis
L’objectif ? Pouvoir innover, mais aussi proposer des véhicules au tarif plus faible, alors que les prix s’envolent : l’Hexagone ne compte aujourd’hui plus qu’un seul modèle vendu neuf à moins de 15.000 euros, alors qu’il y en avait 47 il y a 6 ans. « Il faut changer la réglementation
, enjoint Antonio Filosa. Si la réglementation vous dit de mettre une batterie à 10.000 euros, dans la voiture, comment voulez-vous être accessible ? »
.
Le groupe Stellantis, qui regroupe les marques Peugeot, Fiat ou encore Citroën, emploie 39.000 salariés en France. Il y a quelques semaines, l’entreprise avait été contrainte de suspendre sa production dans de nombreuses usines, face à des ventes en berne. Au total, près de 300.000 salariés dépendent encore de la filière automobile en France.













