Un fervent trumpiste à la tête d’un ministère clé. Le sénateur républicain Markwayne Mullin, 48 ans, a été désigné jeudi 5 mars par Donald Trump pour diriger le département de la Sécurité intérieure (DHS).
Décrit par le président américain comme un « guerrier MAGA », l’élu de l’Oklahoma succédera à Kristi Noem, critiquée pour le fiasco des opérations de l’ICE à Minneapolis et fragilisé par un scandale d’utilisation de fonds publics à des fins publicitaires.
Seul Amérindien du Sénat
« Markwayne s’entend vraiment bien avec les gens et dispose de la sagesse et du courage nécessaires pour faire avancer notre programme de l’Amérique d’abord », a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth.
Il « travaillera sans relâche pour assurer la sécurité de nos frontières, empêcher les migrants, les meurtriers et autres criminels d’entrer illégalement dans notre pays, mettre fin au fléau des drogues illégales et RENDRE L’AMÉRIQUE À NOUVEAU SÛRE », a-t-il ajouté.
D’origine Cherokee, Markwayne Mullin est actuellement le seul Amérindien au Sénat et sera, selon Donald Trump, un « formidable défenseur de nos incroyables communautés tribales ».
Ancien lutteur, Markwayne Mullin, au physique trapu, a eu une brève carrière professionnelle dans le MMA, avec un palmarès de cinq victoires pour 0 défaite.
Il a grandi dans un ranch en Oklahoma et a quitté l’université à l’âge de 20 ans pour reprendre les rênes de l’entreprise de son père, malade. Il possède aujourd’hui des entreprises de plomberie avec sa femme Christie, à laquelle il est marié depuis ses 20 ans. Le couple a six enfants.
Au cœur de l’assaut du Capitole
Markwayne Mullin siège au Sénat depuis 2023, après dix ans passés à la Chambre des représentants. Le 6 janvier 2021, il se trouvait à l’intérieur du Capitole quand une foule de partisans de Donald Trump et de militants d’extrême droite ont pris d’assaut le siège du Congrès pour s’opposer à la certification de l’élection de Joe Biden.
Selon Politico, l’élu a participé à contenir les émeutiers, notamment en aidant à barricader une porte menant à l’hémicycle de la Chambre des représentants. Sur des vidéos tournées le 6-Janvier, on le voit parlementer avec des émeutiers à travers une vitre brisée en tentant de les dissuader d’entrer.
Des années plus tard, alors que Donald Trump réfléchissait à la possibilité de gracier les émeutiers, Markwayn Mullin l’a exhorté à « examiner les faits avant d’agir », estimant que quiconque s’en prenait à la police devait « en payer le prix », rappelle CNN.
Un conseil que le président américain n’a pas écouté en graciant plus de 1.500 personnes ayant participé à l’assaut, dont des leaders de l’ultradroite américaine et des personnes qui s’en était pris à la police.
Tout en maintenant son soutien à Donald Trump, Markwayn Mullin a déclaré sur CNN qu’il ne faisait « aucun doute » que le siège du Capitole était une « émeute » et une « journée horrible », avant d’ajouter que le peuple américain avait « choisi d’aller de l’avant ».
De façon plus anecdotique, Markwayne Mullin s’était aussi fait remarquer au Congrès en 2023 lors de l’audition houleuse d’un dirigeant syndical. Exhumant d’anciens tweets où le syndicaliste le traitait de « clown », Markwayne Mullin lui avait proposé d’en venir aux mains.
« Si vous voulez parler à tort et à travers, nous pouvons être deux adultes consentants. Nous pouvons en finir ici », avait déclaré Mullin en se levant de son siège, avant d’être rappelé à l’ordre par le sénateur du Vermont Bernie Sanders.
Un dur à la tête de l’ICE
Si sa nomination est approuvée par le Sénat, où les républicains sont majoritaires, Markwayne Mullin prendra la tête du DHS et sa police fédérale de l’immigration, l’ICE, des institutions qui ont été largement critiquées, notamment après la mort de deux manifestants américains à Minneapolis tués par balle, au mois de janvier.
Après la mort de Renee Good, le 7 janvier, tuée par le tir d’un agent de la police fédérale de l’immigration, Mullin avait déclaré que l’agent » n’avait pas d’autre choix » que de « riposter » à Renee Good, qui conduisait un véhicule qu’il a qualifié d’arme mortelle.
Le sénateur s’est dit ce jeudi « enthousiaste » d’assumer cette nouvelle mission, affirmant vouloir « bâtir sur les succès » de Kristi Noem, mais aussi sur « les choses qui n’ont peut-être pas tourné comme prévu », sans autre indication.
Tenant d’une ligne dure sur l’immigration, il a accusé les migrants de faire partie d’une « industrie » qui cherche à exploiter le système américain. « Il existe toute une industrie qui s’est mise en place pour faire venir ici des femmes enceintes dans leur dernier mois de grossesse afin qu’elles accouchent ici. Elles viennent avec un visa touristique et ont un enfant afin que celui-ci puisse obtenir la nationalité américaine », a-t-il déclaré en juin 2025 selon des propos rapportés par CNN.
Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a fait part de son opposition à la nomination du sénateur. « On m’a demandé si je soutiendrai le sénateur Mullin pour remplacer Noem », a-t-il écrit sur X. « La réponse est NON. »
« La corruption au sein du ministère de la Sécurité intérieure (DHS) est profonde, bien plus profonde que n’importe quel individu. C’est une question politique, et non de personnel », a-t-il ajouté.
Article original publié sur BFMTV.com




