jeudi, juin 18

Alors que les pays européens se demandent s’il faut restreindre l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, une vague de procédures judiciaires inspirées de celles engagées aux États-Unis contre ces plateformes commence à émerger.

Des actions civiles intentées par des familles en France et en Italie affirment que les algorithmes de ces plateformes contribuent aux suicides et aux automutilations. Parallèlement, aux Pays-Bas et en Allemagne, d’autres procédures visent la conception addictive de ces services, la sécurité des enfants et les mécanismes de manipulation.

Aux États-Unis, un juge californien a rejeté la semaine dernière la demande de nouveau procès déposée par Meta et Google dans une affaire liée à l’addiction, dans laquelle les deux groupes ont été condamnés à verser 6 millions de dollars (5,17 millions d’euros) à un ancien jeune utilisateur, selon les médias américains.

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Les plaignants estimaient que les plateformes avaient fait preuve de négligence en n’avertissant pas suffisamment les jeunes utilisateurs des risques que peut entraîner un usage excessif des réseaux sociaux.

Tour d’horizon des autres procédures engagées en Europe contre les géants des réseaux sociaux.

Italie

Plus tôt cette année, une association italienne de défense des droits s’est retrouvée face à TikTok et Meta, la maison mère de Facebook et Instagram, devant un tribunal de Milan.

Cette action collective, une première en Italie, demande à la justice de contraindre les plateformes à mettre en place des systèmes de vérification de l’âge plus stricts pour les moins de 14 ans.

Les plaignants réclament aussi que les plateformes soient obligées de publier des informations plus transparentes sur le fonctionnement de leurs algorithmes et de supprimer tout élément potentiellement manipulatoire.

L’objectif est de protéger les quelque 3,5 millions d’enfants italiens âgés de 7 à 14 ans qui utilisent illégalement les réseaux sociaux.

Lors de la première audience, en mai, les avocats de Meta et TikTok ont contesté la compétence des tribunaux italiens pour juger cette affaire, selon un communiqué de MOIGE, le cabinet qui représente les familles. (source en anglais)

Le cabinet affirme également que Meta et TikTok ont « tenté de minimiser la portée scientifique » des éléments qu’il a produits et qui, selon lui, démontrent que les deux entreprises « sont déjà conscientes » des effets nocifs de leurs plateformes sur les enfants.

Euronews Next a sollicité Meta et TikTok au sujet de ces premières audiences, sans obtenir de réponse immédiate.

La prochaine audience est fixée au 30 juin et la dernière au 19 novembre, précisent les avocats, en soulignant que cette date intervient la veille de la Journée internationale des droits de l’enfant.

France

En 2024, un collectif de familles françaises baptisé Algos Victima a poursuivi TikTok en justice, reprochant à la plateforme d’avoir exposé des adolescents à des contenus nocifs qui ont conduit à deux suicides.

Dans leur plainte, les familles accusent l’algorithme du réseau social d’avoir exposé les mineurs à des contenus faisant la promotion de l’automutilation, des troubles alimentaires et du suicide.

En novembre 2025, les autorités judiciaires françaises (source en anglais) ont ouvert une information judiciaire pour déterminer si les algorithmes de TikTok ont exposé des mineurs à des contenus liés au suicide et mis en danger des utilisateurs vulnérables.

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Selon le gouvernement, l’enquête pourrait viser des infractions telles que la promotion de contenus liés au suicide et la collecte illégale de données personnelles.

En mai, Algos Victima a élargi sa plainte pour y inclure le chef d’« abus de faiblesse » et porté à 16 le nombre de familles représentées.

Cinq de ces familles pleurent le suicide de leurs filles, et les autres jeunes concernés souffrent de graves troubles alimentaires, de dépression ou d’idées suicidaires en lien avec des contenus vus sur la plateforme, selon la plainte. En juin 2026, aucune date d’audience publique n’avait encore été annoncée.

Royaume-Uni

Le Royaume-Uni est lui aussi rattrapé par la vague de contentieux visant les réseaux sociaux pour les dommages présumés causés aux jeunes utilisateurs.

La famille de l’adolescent écossais Murray Dowey, qui s’est suicidé en décembre 2023 après avoir été piégé et poussé à envoyer des photos intimes à un contact sur Instagram, s’est jointe à une action en justice engagée dans l’État du Delaware contre Meta, mettant en cause la responsabilité du groupe dans son décès, rapporte The Guardian.

Le Social Media Victims Centre (source en anglais), à l’origine de la plainte, affirme dans un communiqué publié en 2025 que la mort de Dowey et d’autres jeunes est « la conséquence prévisible des choix délibérés de conception opérés par Meta ».

Le Centre soutient que Meta savait depuis 2019 qu’une fonctionnalité permettait à des adultes inconnus d’entrer en contact avec des enfants, les exposant ainsi à des prédateurs.

L’entreprise aurait également rejeté les recommandations de ses propres chercheurs de paramétrer par défaut les comptes des adolescents en mode privé, ce qui aurait évité l’envoi d’environ 5,4 millions de messages privés.

Ce texte a été traduit avec l’aide de l’intelligence artificielle. Signaler un problème : [feedback-articles-fr@euronews.com].

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