mardi, janvier 27

  • Donald Trump tente de jouer l’apaisement face à la vague d’indignation suscitée par la mort d’un deuxième manifestant américain tué par des agents fédéraux à Minneapolis.
  • Le président a dépêché sur place Tom Homan, son conseiller spécial à l’immigration.
  • Cet homme de 64 ans, défenseur d’une stratégie agressive, incarne une ligne dure depuis plusieurs années.

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La police de l’immigration de Donald Trump de plus en plus dénoncée

Tom Homan va-t-il permettre de faire baisser la tension à Minneapolis ? La principale ville du Minnesota, où deux citoyens américains ont été tués par des agents fédéraux chargés d’appliquer la politique ultra-répressive de la Maison Blanche, a accueilli lundi avec scepticisme l’arrivée dans ses rues de ce proche de Donald Trump. Depuis son retour au pouvoir, le républicain a fait de cet ancien policier son « tsar des frontières », occasionnant de multiples critiques ces derniers mois.

« J’envoie Tom Homan dans le Minnesota. Il n’a pas été impliqué dans cette zone, mais il connaît et apprécie beaucoup de gens là-bas. Tom est sévère mais juste et il me rendra compte directement« , a détaillé le président américain sur Truth Social. Sévère, difficile de mieux définir cet homme de 64 ans qui a sillonné le pays tout au long de sa carrière. Celle-ci a débuté à New York où Tom Homan débute comme policier. En 1984, direction la Californie pour devenir agent de la patrouille frontalière.

Vous feriez mieux de commencer à faire vos valises maintenant

Tom Homan

Il va peu à peu gravir tous les échelons au sein de la Border Patrol, que l’agence soit gérée par les administrations républicaines ou démocrates. Celle de Barack Obama le récompense d’ailleurs en 2016, lui qui avait alors mené des expulsions records dans le pays. En 2017, Tom Homan obtient la tête de l’ICE. Il restera en poste durant la totalité du premier mandat de Donald Trump. Sous cette première présidence du républicain, près de 4.000 enfants migrants avaient été séparés de leurs parents, placés en détention.

Après quatre ans de présidence Biden, Donald Trump s’est rappelé à son bon souvenir. Le « tsar des frontières » a d’ailleurs raconté comment il est revenu en grâce à la Maison Blanche. « Tom, ça fait quatre ans que tu te plains, tu ne veux pas revenir pour régler le problème ?« , lui aurait lancé Donald Trump par téléphone à l’automne 2024. Réponse de l’intéressé : « Vous avez sacrément raison, j’arrive« . Quelques semaines plus tôt, cet homme à la carrure d’athlète était apparu à la Convention nationale républicaine, déclarant à ses partisans : « J’ai un message pour les millions d’immigrants illégaux que Joe Biden a autorisés dans notre pays : vous feriez mieux de commencer à faire vos valises maintenant« . 

De retour dans l’administration, Tom Homan a piloté le programme d’expulsions voulu par Donald Trump, fustigeant les défaillances selon lui de la procédure de demande d’asile. « Au cours de la dernière décennie, près de 9 personnes sur 10 qui ont fait une demande d’asile à la frontière finissent avec une ordonnance d’expulsion car elles ne fuient pas la peur et la persécution dans leur patrie d’origine« , avait-il affirmé, accusant Joe Biden d’avoir sciemment laissé des migrants en situation irrégulière rester sur le territoire américain dans l’espoir d’en tirer plus tard un profit électoral.

Seule ombre au tableau du « tsar » : une enquête du New York Times, dévoilée en septembre et selon laquelle le FBI aurait découvert en 2024 qu’il aurait touché un pot-de-vin de 5.000 dollars. Des agents infiltrés se faisant passer pour des chefs d’entreprise en quête de contrats gouvernementaux avaient approché Homan, alors à la tête d’une société de conseil. Il avait répondu n’avoir commis « aucun acte criminel« . L’enquête a, depuis, été abandonnée par le ministère de la Justice.

Thomas GUIEN

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