« Les capacités de l’intelligence artificielle rendent notre nation plus forte, mais elles entraînent aussi de nouveaux risques pour la sécurité nationale » : cet extrait est tiré du décret signé par Donald Trump, le 2 juin, instaurant un certain cadre autour de cette technologie.
Désormais le gouvernement américain, les ministères de l’Économie, de la Défense, de la Sécurité intérieure et la Maison Blanche auront accès aux nouveaux modèles d’intelligence artificielle (IA) pendant un mois complet avant qu’ils ne soient mis à la disposition du public.
Ce texte a pour but de protéger les systèmes informatiques du pays face à des modèles d’IA désormais capables de repérer et d’exploiter des failles à une vitesse inédite. Il prévoit le développement d’un cadre de régulation « sur la base du volontariat » avec les entreprises de l’IA, qui pourront soumettre leurs modèles de pointe à un examen par le gouvernement, avant leur sortie.
Mythos, l’IA d’Anthropic qui a fait trembler la finance mondiale… et la Maison Blanche
Un bémol toutefois : la disposition selon laquelle les nouveaux modèles d’IA seront accessibles un mois avant leur mise à disposition au public n’est pas contraignante. Les entreprises concernées ne seront pas obligées de s’y conformer.
Mais même avec des mesures modestes, ce décret est un sacré volte-face pour un président qui était jusqu’ici persuadé que toute régulation de l’intelligence artificielle constituerait un empêchement majeur pour les entreprises américaines dans leur course acharnée contre leurs concurrentes chinoises.
Entre les deux avis diamétralement opposés de Donald Trump, l’entreprise Anthropic a lancé Mythos, un modèle d’intelligence artificielle spécialisé dans la cybersécurité si puissant que l’entreprise a d’elle-même décidé de retarder son déploiement public. Le risque d’une exploitation massive des failles et des vulnérabilités informatiques, des banques par exemple, a donné des sueurs froides aux autorités du monde entier.
Anthropic – qui va faire son introduction en bourse – s’est montrée raisonnable, mais l’affaire a servi de coup de semonce. L’avertissement a été entendu jusqu’à la Maison Blanche.




