Aux États-Unis, Donald Trump s’apprête à porter ce que ses opposants qualifient de coup le plus dur à l’action climatique américaine. Le président va abroger l’Endangerment finding, une décision de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) datant de 2009 et qui joue un rôle central dans la régulation des émissions de gaz à effet de serre.
En 2007, la Cour suprême des États-Unis avait enjoint l’EPA de réaliser une étude scientifique afin d’identifier les gaz à effet de serre dangereux pour la santé et le bien-être de la population. Deux ans plus tard, l’agence publiait une liste de six gaz, parmi lesquels le dioxyde de carbone et le méthane, classés comme polluants.
Ce classement, connu sous le nom d’Endangerment finding, a servi de base légale au renforcement des normes dans les secteurs émetteurs : voitures et camions, avions, centrales électriques, ainsi que les industries pétrolière et gazière. Au fil des ans, ce texte a contribué à améliorer la qualité de l’air et, indirectement, la santé des Américains. Il est devenu la colonne vertébrale de la lutte contre le changement climatique aux États-Unis.
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« Le plus grand acte de dérégulation de l’histoire américaine »
Pour Donald Trump, l’Endangerment finding n’est qu’un frein économique. Sa porte-parole, Karoline Leavitt, a affirmé mardi qu’il s’agirait du « plus grand acte de dérégulation de l’histoire américaine », assurant que cette abrogation permettrait aux Américains de faire des économies.
Le président promet notamment que la suppression de ce cadre réglementaire ferait baisser le prix des voitures neuves d’au moins 1000 dollars par véhicule. L’administration américaine estime par ailleurs que les gaz à effet de serre ne devraient pas être considérés comme des polluants au sens traditionnel, leurs effets sur la santé étant, selon elle, indirects et mondiaux.
Cette décision est en revanche vivement dénoncée par les scientifiques et les défenseurs de l’environnement. « Trump conduit le pays vers une impasse faite de pétrole sale et d’air pollué », a fustigé Dan Becker, de l’ONG Center for Biological Diversity.
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« Nous les verrons au tribunal »
Les opposants à cette abrogation annoncent une bataille judiciaire. « Nous les verrons au tribunal », a promis Manish Bapna, président de l’organisation environnementale NRDC, alors que plusieurs ONG et responsables politiques démocrates s’apprêtent à contester la décision.
Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, a dénoncé une mesure « illégale », qui « fait fi des données scientifiques et nie la réalité », dans un communiqué commun avec le gouverneur du Wisconsin, Tony Evers. « Nous continuerons à nous battre pour protéger les Américains de la pollution », ont-ils assuré.
Plus de 1 000 scientifiques et experts avaient déjà alerté en juillet dernier sur les conséquences d’un tel revirement, rappelant que « les preuves scientifiques relatives au changement climatique causé par l’homme étaient sans équivoque en 2009 » et sont depuis devenues « encore plus alarmantes ».
Quoi qu’il en soit, cette révocation devrait être contestée devant la justice et pourrait remonter jusqu’à la Cour suprême, à l’origine même, en 2007, de la décision ayant conduit à l’adoption de l’Endangerment finding. Un retour en arrière qui intervient alors que l’année 2025 a été confirmée par les climatologues comme la troisième plus chaude jamais enregistrée sur Terre.
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