mercredi, mars 25

Donald Trump a fait ces déclarations à l’occasion d’une réunion à la Maison Blanche avec des dirigeants de majors américaines, organisée environ une semaine après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro lors d’une opération militaire américaine à Caracas.

« Nous allons discuter de la manière ‍dont ces grandes entreprises américaines peuvent aider à reconstruire rapidement l’industrie pétrolière délabrée du Venezuela et à produire des millions de barils de pétrole au profit des États-Unis, du peuple ​vénézuélien et du monde entier », a déclaré le président américain à l’ouverture de la réunion. « Nous allons ​décider quelles compagnies pétrolières seront autorisées à intervenir, lesquelles nous laisserons entrer », a-t-il ajouté.

Investir « au moins 100 milliards de dollars »

Donald Trump a également fait l’éloge d’un récent accord avec les dirigeants par intérim du Venezuela visant à fournir 50 millions de barils de pétrole brut aux États-Unis. « L’une des choses que les États-Unis retireront de cette situation sera des prix de l’énergie encore plus bas », a-t-il déclaré.

Selon lui, ceux-ci sont prêts à investir « au moins 100 milliards de dollars » au Venezuela.

« Vous aurez une sécurité totale » pour opérer, a-t-il garanti, sans préciser quelles formes prendrait cette garantie de sécurité alors qu’il a exclu une présence militaire américaine pour protéger l’activité pétrolière.

Mais, a-t-il prévenu, tout se fera sous l’égide des États-Unis, qui décideront quelles entreprises pétrolières pourront exploiter les énormes ressources du pays.

Dans son plan, Caracas n’a pas son mot à dire.

« Vous traitez directement avec nous, vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela, nous ne voulons pas que vous traitiez avec le Venezuela », a-t-il lancé aux dirigeants du secteur.

« Impossible d’y investir » en l’état, dit ExxonMobil

Parmi eux, le PDG de l’américain ExxonMobil, Darren Woods, a tenu à préciser qu’il n’allait pas se lancer à la hâte dans de nouveaux investissements.

« Nos actifs ont été saisis à deux reprises dans ce pays, vous pouvez donc imaginer que pour y revenir une troisième fois, des changements assez importants seraient nécessaires », a-t-il déclaré, estimant qu’il était « impossible d’y investir » en l’état.

Devant le président Trump, friand d’engagements sans réserve à l’égard de ses projets, il s’est toutefois dit « convaincu » que la situation pourrait évoluer grâce à l’intervention de Washington.

Seul un autre groupe américain, Chevron, dispose aujourd’hui d’une licence au Venezuela.

ExxonMobil et ConocoPhillips ont quitté le territoire en 2007, refusant les conditions de l’ancien dirigeant Hugo Chavez qui imposaient que l’État devienne actionnaire majoritaire des entreprises présentes dans le pays.

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Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de brut du monde avec plus de 300 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l’Arabie saoudite (267 milliards) et l’Iran. Toutefois, sa production est modeste, plafonnée à un million de barils par jour. Des décennies de sous-investissement et les sanctions américaines en place depuis le premier mandat de Donald Trump, visant à asphyxier économiquement un ennemi politique, ont contraint à écouler le pétrole au rabais via des flottes « fantômes ».

Aujourd’hui, la remise à niveau des installations suppose des investissements de dizaines de milliards de dollars. Par ailleurs, le brut vénézuélien est beaucoup plus visqueux que celui extrait aux États-Unis, ce qui rend son raffinage compliqué, coûteux et polluant.

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