« Votre poste prend fin immédiatement. Merci pour vos services » : voilà comment ces deux membres de la commission d’assistance électorale ont été congédiés par le président américain. Une décision qui inquiète les démocrates et les organisations de défense des droits politiques. La Commission d’assistance aux élections (EAC), une agence publique créée en 2002 aux États-Unis, est chargée de certifier les équipements de vote et distribuer des centaines de millions de dollars d’aide fédérale au titre des élections.
Les démocrates ont condamné cette décision, jugée par exemple « irresponsable et dangereuse » au risque de « semer le chaos » par le secrétaire d’État de l’Arizona, Adrian Fontes. Pour le sénateur de Virginie, Mark Warner, « démettre tous les commissaires restants quelques mois seulement avant les élections de mi-mandat de 2026 est une mesure extraordinaire qui demande une explication immédiate du gouvernement ».
D’après le quotidien USA Today, la Maison Blanche a défendu dans un communiqué le droit du président « de renvoyer des individus qui ne seraient pas pleinement en phase avec la mission essentielle consistant à garantir la sécurité des élections en Amérique et à veiller à ce que chaque vote légal soit pris en compte ».
Une atteinte à l’indépendance et à la fiabilité du processus électoral
Ce limogeage n’est pas le premier coup que Donald Trump porte au système de contrôle électoral américain : puisque le président et son administration en ont fait en quelque sorte leur cheval de bataille. En février 2025, Elon Musk, alors à la tête de la commission pour l’« efficacité gouvernementale » (DOGE), s’en prend à l’agence qui assure, entre autres, la protection physique et numérique des bureaux de vote. Au total, 130 employés sont renvoyés, réembauchés sur décision d’un juge, puis affectés à d’autres agences.
Le même mois, l’ex-ministre de la Justice Pam Bondi dissout une unité du FBI qui enquête sur les influences étrangères lors des élections. Une unité pourtant mise en place sous le premier mandat de Donald Trump.
En mars 2025, la secrétaire à la Sécurité, Kristi Noem, supprime le financement d’un réseau national de partage d’information qui permettait aux États et aux agents électoraux de détecter, notamment, les tentatives de piratage.
La Commission d’assistance électorale se trouvait quant à elle sur la sellette, depuis son refus d’appliquer un décret présidentiel qui rendait un document de citoyenneté obligatoire pour pouvoir voter. Le limogeage de ses deux derniers dirigeants s’ajoute donc à un travail de sape de l’indépendance et de la fiabilité du processus électoral aux États-Unis, à quatre mois des élections de mi-mandat.
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