- Comment notre alimentation a-t-elle évolué depuis les années 50 ?
- Le JT de TF1 s’est penché sur la question.
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Le 13H
Les Français et la nourriture, c’est toute une histoire. Une histoire d’amour qui aurait mal tourné. Tout avait pourtant si bien commencé quand les plats de nos grands-parents étaient copieux, et surtout cuisinés avec des produits frais et locaux. Aujourd’hui, que reste-t-il de cette histoire ? Est-ce qu’on mangeait vraiment mieux avant ?
Une série de photos mythiques du magazine Paris Match
va nous éclairer. « C’est une photo où on fait poser des Français. Avec l’équivalent de la consommation d’un ménage sur une année. Et on met toutes leurs courses »,
explique dans le reportage en tête de cet article Clément Mathieu, journaliste à Paris Match
, au sujet de cette archive précieuse. « Et là, c’est moi. Ils avaient besoin d’un modèle cette année-là. Donc je suis posé avec ma famille »,
poursuit-il au sujet de la photo la plus récente prise en 2024.

La photo la plus récente est pour le moins différente de la toute première qui date de 1952. « On voit qu’il y a de la charcuterie, du gibier. On voit de bons gros morceaux de barbaque, comme on dit »,
souligne le journaliste. Une décennie plus tard, dans les années 60, les légumes que mangent les Français, par exemple, viennent du jardin potager. Le problème, c’est qu’à cette époque, l’alimentation est très peu variée, comme le montre une troisième photo. « Avant, bien manger, c’était manger de la viande, c’était manger de la charcuterie, c’était manger de la graisse. Il y a beaucoup de pommes de terre, beaucoup de vin »,
commente encore Clément Mathieu.
Trente ans plus tard, les grandes marques envahissent les supermarchés, nous rappelle la dernière ci-dessus : plus de plaisir, mais pas forcément meilleur pour la ligne. « Il y a plus de produits sucrés. On voit les biscuits qui sont là-haut. On voit les desserts sucrés qui sont ici »,
souligne le journaliste.
Les produits transformés prennent leur essor dans les années 80 avec une révolution alors que les modes de vie changent et que les Français passent moins de temps derrière les fourneaux : les plats préparés à base d’aliments ultratransformés.
L’exemple (très) parlant du jambon cuit
Des produits frais du jardin aux plats industriels, comment en est-on arrivé là ? Pour répondre à cette question, Clément Mathieu s’appuie sur l’exemple du jambon cuit, la charcuterie la plus consommée par les Français. Or, ce qu’on met dedans a beaucoup changé depuis 60 ans. Depuis la nuit des temps, on met du sel pour le conserver, une technique simple et naturelle, mais pas très efficace. Et c’est un problème majeur, selon un spécialiste de la grande distribution, qui rappelle une statistique : « Le risque de mourir en mangeant était 100 fois supérieur au début des années 60 qu’il ne l’est aujourd’hui »,
explique Philippe Goetzmann. À titre de repère, on recensait alors 15.000 morts par an d’intoxication contre 150 aujourd’hui. Voilà pourquoi, dans les années 60, on invente d’une part le réfrigérateur, mais aussi les conservateurs comme le nitrite pour le jambon.
Des additifs dangereux pour la santé
Le résultat change la vie des Français : les produits se conservent plus longtemps et ont réduit le nombre d’intoxications alimentaires. Le problème, c’est que l’industrie abuse de ces conservateurs. Or, des études révéleront que certains additifs sont dangereux pour la santé. Les Français se méfient donc de plus en plus de ce qu’on met dans leur assiette. Réglementation plus stricte, transparence sur les étiquettes, mais aussi applications mobiles permettant de noter les produits… tout cela a mis la pression sur les industriels qui ont été obligés de s’adapter.
« On ne va pas se le cacher, ça nous a secoué de voir le consommateur qui prenait le pouvoir. Et ça a été très vertueux parce que ça nous a amené à aller beaucoup plus vite que ce qu’on avait imaginé »,
explique Claude Genetay, chef d’entreprise Intermarché à Paris. C’est-à-dire améliorer la qualité de certains produits en changeant 4.500 recettes en 5 ans. « Là, on a un très bel exemple. C’est la Paturette, la crème dessert, un produit gourmand. Comme vous pouvez le voir, c’est un Nutri-score B tout simplement parce qu’on a enlevé du sucre dans la recette »,
illustre ce dernier.
Alors, quelle est la conclusion ? Est-ce qu’on mangeait mieux avant ? Philippe Goetzmann a tranché. « Nous n’avons jamais aussi bien mangé. Ou plus exactement, nous n’avons jamais pu aussi bien manger qu’aujourd’hui. Donc on a une variété extraordinaire. Encore une fois, c’est qu’est-ce que les consommateurs en font ? Comment ils s’alimentent ? C’est ça le principal sujet. »
Tout est donc une question de choix, de moyens bien sûr mais aussi d’habitudes alimentaires. Exemple frappant ? La France compte désormais plus de fast-food que de restaurants traditionnels.




