- À La Hague, c’est avec beaucoup d’émotion que les salariés de la société Orano ont appris le décès d’une de leurs collègues.
- Elle est décédée brutalement quelques heures seulement après son hospitalisation pour une méningite.
- Une cinquantaine d’entre eux ont été identifiés comme cas contacts.
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Le 20H
Le plus choquant pour les salariés d’Orano à La Hague, c’est la rapidité avec laquelle la méningite a emporté leur collègue. « Ça a été foudroyant. Notre collègue est décédée hier midi. Hier après-midi à 15h, on était en commission, et dans la foulée, les 50 cas- contacts (…) ont été appelés individuellement »
, raconte Arnaud Baudry, délégué syndical CFDT, dans le reportage de TF1 ci-dessus. Une salariée du spécialiste français du combustible nucléaire est décédée jeudi 19 mars à l’hôpital de Cherbourg (Manche). L’entreprise, qui a souligné qu’aucun lien n’est établi avec l’épidémie en cours en Angleterre, a procédé à une désinfection du bâtiment, autorisé le télétravail et demandé à ses salariés d’appliquer des gestes barrières.
« Est-ce que je dois prendre un traitement ? Est-ce que je dois faire un vaccin ? »
Ceux qui l’ont côtoyée dans un open-space de l’entreprise vont bénéficier d’un traitement antibiotique préventif spécifique pendant 48h, et devront rester à leur domicile pendant 10 jours. L’après-midi même, la pharmacienne de Tourlaville a commencé à recevoir des coups de fil inquiets d’habitants de la région. Virginie Pellet résume les questions qu’elle a entendues le plus souvent : « Je ne sais pas si j’ai été en contact ou pas. Est-ce que je dois prendre un traitement ? Est-ce que je dois faire un vaccin ? »
Les jeunes en première ligne
En France, la vaccination est obligatoire depuis l’année dernière pour les nourrissons, et vivement recommandée pour les jeunes jusqu’à 24 ans. « De 15 ans à 24 ans, tous ceux qui n’ont pas été vaccinés, et il y en a en France qui n’ont pas été vaccinés pour la méningite B, ils doivent voir leur médecin traitant (…) pour faire ce vaccin »
, préconise la médecin généraliste Emna Abassi. Car cette infection des méninges, c’est-à-dire des membranes du cerveau et de la moelle épinière, touche essentiellement les jeunes à cause de leur mode de vie, davantage en situation de promiscuité que les adultes.
L’épidémie anglaise a d’ailleurs démarré dans une boîte de nuit. Deux jeunes de 18 et 21 ans sont décédés peu après. Aujourd’hui, ils sont des centaines, outre-Manche, à se presser pour obtenir des antibiotiques ou être vaccinés. Est-ce la souche anglaise qui est arrivée chez nous en Normandie ? « Pour l’instant, rien ne permet de dire que ce cas-là est lié à ce qui s’est passé en Angleterre. Il faut qu’on attende que la souche nous arrive »
, explique le professeur Muhamed-Kheir Taha, responsable du centre national de référence des méningites à l’Institut Pasteur. Un autre Français est hospitalisé actuellement sur notre territoire pour une méningite avec la souche anglaise. Il avait séjourné au Royaume-Uni.




