
J’ai passé une partie des vacances de fin d’année chez des amis dont la fille cadette venait d’inaugurer sa nouvelle vie de scout. Elle va chez les Eclaireuses et éclaireurs de France, les scouts laïques. Et le récit par le menu de son premier camp, au début de l’hiver, m’a fait forte impression. D’abord, elle s’est littéralement transformée en bloc de boue, « jusque dans le sac de couchage », m’a dit sa mère, sans que cela l’émeuve le moins du monde. Et, comme il pleuvait tout de même beaucoup, elle a passé pas mal de temps à jouer, en intérieur, à un jeu de rôle qui consistait à protéger un morceau de forêt de l’appétit des promoteurs qui souhaitaient le bétonner pour en faire un parking. A l’écouter, elle avait gagné une bataille, une vraie ! J’en ai conclu que, chez les scouts laïques de ce coin de Bourgogne, on y allait franco pour initier les jeunes à la lutte contre l’artificialisation des terres. Entre les bains de boue et le désarmement pacifique des forces ennemies, la formation écologiste expresse semblait bien lancée.
Je me suis demandé ce qu’une enfance et une adolescence « scoutes » pouvaient produire dans quelques années ; de quelles forces supplémentaires cette adulte disposerait, alors qu’il faut aujourd’hui redoubler d’énergie et de positivité pour ne pas perdre le moral face aux reculs écologiques multiples, à toutes les échelles. « Les gens mettent leurs enfants chez les scouts pour l’autonomie, pour l’expérience de vie dans la nature, mais sans avoir forcément conscientisé que c’est aussi une manière de s’investir dans la protection de la nature », précise Coline Garnier, déléguée conversion écologique de Scouts et guides de France.
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