lundi, février 2

Le fossé se creuse entre les Européens pouvant espérer vivre plus vieux et ceux pouvant s’attendre à mourir plus jeunes. C’est une Europe de la longévité à deux vitesses qui se dessine dans les cartes développées par des chercheurs de l’Institut national d’études démographiques (INED) et de l’Institut fédéral allemand de recherche démographique (BiB) et publiées le 24 janvier dans Nature Communications. D’un côté, des régions affichant les niveaux d’espérance de vie les plus élevés continuent de progresser, de 1992 à 2019, au même rythme que les années précédentes ; de l’autre, des territoires en retard voient leur dynamique s’essouffler, voire s’inverser.

Ces situations contrastées sont le résultat d’une cassure intervenue, selon les résultats des chercheurs, à partir de 2005. Pendant la période allant de 1992 à 2005, décrite comme une sorte d’« âge d’or » par les chercheurs, les gains en espérance de vie en Europe occidentale étaient stables et généralisés, s’élevant à environ 3,5 mois par an pour les hommes et 2,5 mois pour les femmes. Pendant cette période, les régions initialement en retard ont connu les améliorations les plus rapides, réduisant ainsi les écarts entre les territoires.

Mais à partir de 2005, les gains en espérance de vie ralentissent, passant en 2018-2019 à 55 jours par an pour les hommes et 35 jours pour les femmes, soit une réduction de moitié par rapport aux années 1990. Cette phase plus récente est marquée par une divergence croissante au sein des régions d’Europe de l’Ouest : alors que les gains s’effondrent dans les régions à la traîne, ils restent remarquablement stables dans les régions qualifiées d’« avant-garde ».

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