C’est un peu la star de ce scrutin. Santiago Abascal, le chef de file de l’extrême droite, est partout, entouré d’agriculteurs qui se sentent abandonnés par Bruxelles et sa bureaucratie et aussi par des jeunes hommes qui voient en lui l’anti-système, celui qui pourra apporter des solutions à un futur qu’ils voient très sombre, rapporte notre correspondant à Madrid, François Musseau.
La question n’est pas de savoir si Vox (extrême droite) va progresser, mais s’il va doubler le nombre de ses sièges, et ainsi talonner le Parti populaire, pour qui la région de Castille-et-Léon est un bastion depuis quatre décennies. Depuis janvier, le même scénario s’est produit en Estrémadure et en Aragon.
Si tel est le cas, la droite libérale devra composer avec une extrême droite qui a annoncé qu’elle fera tout pour imposer son agenda, à savoir la fin de l’aide aux femmes battues, la fin de ce qu’elle appelle « la dictature verte » en référence aux mesures écologiques, ou encore des mesures drastiques contre l’immigration.
Un scrutin comme un avant-goût des élections générales de 2027
Si Vox et la droite classique l’emportent largement ce dimanche, alors ce sera une pression supplémentaire sur le socialiste Pedro Sanchez au pouvoir national, en minorité et qui doit annoncer pour l’an prochain un scrutin général où les droites sont aujourd’hui données largement favorites.
Selon Maria Elisa Alonso, maître de conférences à l’université de Lorraine et spécialiste de l’Espagne, ce scrutin doit permettre de jeter les bases des futures coalitions entre le PP et Vox, un scrutin qui préfigure également le résultat des prochaines élections générales prévues en 2027.
« La montée de soutien de Vox augure justement qu’il va devenir la troisième force dans la région et qu’il pourra même avancer lors des prochaines élections », explique-t-elle au micro de Romain Lemaresquier du service international de RFI. « Il se joue vraiment un peu la carte de l’État du gouvernement central, au cas où le Parti populaire gagnerait les élections qui se tiendront en Espagne avant juillet 2027. Donc, ce qui peut arriver en Castille-et-Léon, ça peut se transformer aussi dans les résultats nationaux en 2027. »
Un vote sanction paradoxal ?
Pour Maria Elisa Alonso, il pourrait aussi s’agir d’un vote sanction contre Pedro Sanchez et le PSOE (Parti socialiste espagnol). « Il y a vraiment un mouvement très, très fort en Espagne contre Sanchez, contre le leadership de Sanchez. Il est très contesté à l’intérieur du pays. » Un paradoxe pour le Premier ministre et le Parti socialiste qui perdent du terrain alors que l’Espagne affiche le meilleur bilan économique en Europe.
« En Espagne, on voit ce que la presse publie, mais en fait, au niveau national, la population ne voit pas une amélioration de sa situation économique », souligne Maria Elisa Alonso. « Donc, il est vraiment très, très critiqué. Et je ne sais pas si c’est une question de communication, s’il ne sait pas faire passer son discours, il ne sait pas vraiment communiquer avec la population sur tout ce qu’on a eu comme avantages depuis que le gouvernement de Sumar/PS dirige le pays. »
À écouter aussiEn Espagne, la croissance grâce à l’immigration




