Les militaires équatoriens ont ressorti leurs vieux tanks francais AMX 13 et leurs canons de 105 mm pour détruire les mines illégales dissimulées sur 250 hectares de la paroisse du Chical, à 15 kilomètres de la frontière colombienne, comme l’expliquent deux militaires de la brigade 31 « Andes » qui, pour des raisons de sécurité, doivent rester anonymes. « Notre objectif est de bloquer les ressources économiques et de neutraliser les groupes liés à la production d’or illégale », précise l’un des militaires. « Nous avons saisi des explosifs, des cordons détonnants et des équipements liés à l’activité minière illégale », ajoute l’autre.
Juste sur cette zone, les groupes illégaux colombiens comme équatoriens gagnaient jusqu’à 250.000 euros par mois, tout en détruisant l’environnement, souligne notre correspondant à Quito, Eric Samson.
L’opération a été lancée le 16 mars à l’aube avec l’aide des États-Unis dans les provinces d’El Oro, Guayas, Los Rios et Santo Domingo où un couvre-feu a été décrété de 23h à 5h du matin. Depuis quinze jours, les autorités ont détruit huit pistes clandestines utilisés par les avionettes des trafiquants, saisi 275 armes à feu lors de près de 19.000 opérations militaires. « Nous avons détruit 58 objectifs militaires, occupé des bases d’opération des groupes armés organisés, et capturé 845 délinquants de moyenne et haute importance », rapporte Gian Carlo Loffredo, ministre équatorien de la Défense de l’Équateur.
Les deux pays partagent une frontière d’environ 600 kilomètres, le long de laquelle circulent des guérillas colombiennes et des organisations criminelles impliquées dans le trafic de drogue et d’armes, la traite d’êtres humains, ainsi que dans l’exploitation minière illégale.
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