Un millésime des records pour la vente des Hospices de Beaune

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L’humeur des acheteurs de flacons vignerons était au beau fixe, dimanche 20 novembre. Et ce, malgré une météo pluvieuse. Ils ont fait de la 162e vente des Hospices de Beaune (Côte-d’Or) un événement qui restera gravé dans les annales. Le millésime 2022 sera celui de tous les records.

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Le premier a été pulvérisé lors de l’adjudication de la pièce de charité : un fût de 228 litres de corton grand cru, issu de l’assemblage de trois des plus beaux terroirs du Domaine des Hospices de Beaune (Corton Renardes, Corton Bressandes et Corton Chaume), qui a trouvé acquéreur pour 810 000 euros. Battant ainsi le précédent record établi en 2021, à 800 000 euros.

Selon la tradition, le profit de cette enchère est versé à des associations caritatives. Cette année, la pièce de charité a été remportée par un groupement des principales maisons de négoce bourguignonnes. Les maisons Louis Latour et Joseph Drouhin ont été les principaux contributeurs, mais les autres négociants se sont associés à cet élan.

Spectaculaire

Une démarche collective qui n’avait rien de fortuit. Elle était destinée à rendre hommage à Louis-Fabrice Latour, négociant beaunois à la tête de la Maison Louis Latour, disparu en septembre. Figure emblématique de la Bourgogne, très impliqué dans les instances professionnelles, il était un grand fidèle de la vente des Hospices. Le vin de cette précieuse pièce de charité continuera son élevage dans un fût spécial, fabriqué par la tonnellerie Louis Latour.

La récolte 2022 a été généreuse et le nombre de fûts mis aux enchères quasi inédit

Mais il a fallu attendre vingt et une heures pour que le marteau de la maison d’enchères Sotheby’s tombe une dernière fois. Et avalise le second record de cette journée mémorable. Les ventes, qui viendront abonder les caisses des Hospices civils de Beaune, ont atteint le montant encore jamais atteint de 28,97 millions d’euros. Détrônant de manière spectaculaire la précédente marque, établie en 2018, à 13,97 millions d’euros. Le prix moyen des vins est en hausse de 8,2 % par rapport à 2021.

Il est vrai que la récolte 2022 a été généreuse et le nombre de fûts mis aux enchères quasi inédit. Pas moins de 802 pièces, dont 620 pièces de vin rouge et 182 pièces de vin blanc, étaient proposées par les commissaires-priseurs. Rien de comparable à la maigrelette vendange de 2021, amputée par les aléas climatiques, et qui avait réduit le nombre de pièces disponibles à 356.

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Autre motif de satisfaction, les qualités du millésime. Ludivine Griveau, régisseur du domaine viticole des Hospices de Beaune, riche de ses 60 hectares, estime qu’il « en met plein les yeux ». Elle se félicite du beau potentiel aromatique des blancs et évoque les belles robes sombres et rubis des rouges. Elle souligne une spécificité de la récolte : la durée de la vendange. « Elle a démarré le 25 août à Pouilly-Fuissé pour se terminer le 16 septembre à Saint-Romain », précise-t-elle. Un autre record historique pour ce millésime…

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