Tout le monde n’aura pas droit à une voiture électrique à 100 euros par mois

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Pendant la campagne électorale, Emmanuel Macron avait promis de mettre en place un dispositif de leasing social permettant de s’offrir un véhicule électrique pour 100 euros par mois. Sauf que le gouvernement semble vouloir mettre le pied sur la pédale de frein en limitant les effets de cette mesure à des populations ciblées et sous condition de revenus.

Selon elle, deux catégories de population sont d’ores et déjà « incontestables » pour en bénéficier : « Ceux pour qui le véhicule est un outil de travail, je pense aux infirmières libérales par exemple, (…) et ceux qui n’ont pas les moyens de passer à un véhicule propre parce qu’il est trop cher aujourd’hui sur le marché ». La date d’ouverture du dispositif dépend encore de réunions que la ministre doit mener avec la filière automobile, les financeurs dont les banques et l’État qui devrait prendre en charge une partie du premier loyer ou de l’apport financier initial : « Ce n’est probablement pas pour septembre », a-t-elle prévenu.

En effet, la mise en œuvre d’une telle mesure est loin d’être neutre. Tout d’abord, elle coûte très cher. Agnès Pannier-Runacher a rappelé que les premiers chiffrages rapides, effectués pendant la campagne électorale, évaluaient le besoin « de l’ordre de 100 000 personnes » avec une contribution initiale de l’État de 500 euros. Même si elle a modéré la chose en affirmant qu’il s’agissait de travaux « absolument préliminaires », il faudra trouver peu ou prou 50 millions d’euros.

Quid du versement de la prime initiale de ce leasing ?

Par ailleurs, si cette mesure va dans le sens de décarbonisation du parc automobile souhaité par le gouvernement, elle risque de déstabiliser encore un plus un marché automobile déjà au fond du trou avec des ventes qui pourraient revenir cette année à un niveau de 1975. Actuellement, il existe sur le marché de nombreuses petites voitures thermiques à moins de 100 euros par mois. Or, généralement de nombreux constructeurs s’appuient sur ces catégories de voitures en quantité mais qui n’offrent que peu de marge pour tenter de rester hors de l’eau. Même si aujourd’hui, la situation est un peu différente. Avec la pénurie de semi-conducteurs qui devrait encore durer, les constructeurs cherchent surtout à privilégier la production des véhicules haut de gamme sur lesquels, ils gagnent plus d’argent. Si ce leasing pour les voitures électriques est potentiellement une source pour faire venir de nouveaux clients. Il n’est pas certain qu’ils militent pour cette mesure d’autant que les délais d’attente pour effectuer les livraisons sur les petits véhicules s’allongent.

Autre point de blocage, lorsque l’on parle de leasing. Pour y souscrire, il faut généralement effectuer un versement initial. Et c’est là que le bât blesse pour les familles aux revenus modestes qui ont du mal à débourser plusieurs milliers d’euros au départ. Dans le passé, les systèmes de primes mis en place ont finalement profité aux personnes plus aisées qui disposaient déjà d’une voiture à mettre à la casse ou à ceux qui ont les moyens de s’acheter des voitures les moins polluantes mais aussi les plus coûteuses.

Enfin, ce dispositif s’il est mis en place risque de favoriser les voitures fabriquées à l’étranger. En dehors de la Zoé de Renault, les autres petites voitures disponibles à ce prix sont fabriquées en Italie, en Slovaquie ou encore même de Chine pour la Dacia Spring. Et cela irait à l’encontre de la volonté du gouvernement de privilégier le « made in France ».

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