Réunis à Paris, des maires ont partagé leurs « trucs qui marchent »

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Le titre de la soirée était volontairement accrocheur. Au Théâtre de la Madeleine, à Paris, mardi 22 novembre, serait officiellement lancée « la Fédération française des trucs qui marchent ». Six cents invités, salle comble, promettait l’invitation. Six élus exposeraient en huit minutes chrono leur « bonne idée », duplicable à peu de frais, à d’autres élus et professionnels de la ville.

Un soir de novembre, en plein salon des maires de France, c’était tentant. Sylvie Baudot, maire de Cohons, 223 habitants, en Haute-Marne, est montée sur scène la première. Elle a dû insister, reconnaît-elle, mais elle a réussi à remplacer les quinze lignes de cars du pays de Langres qui « circulaient, la plupart du temps, à vide » par du transport à la demande. Coût pour les usagers d’un aller vers la gare ou vers le bourg, entre 2,5 et 4 euros.

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Bilan, 8 000 trajets par an effectués, « et une centenaire qui continue d’aller chez son coiffeur tous les quinze jours », se réjouit la maire. Dans le Lot-et-Garonne, proposer des locations à moins de 100 euros aux apprentis est la solution qu’ont trouvée le maire de Lamontjoie, la chambre de métiers et un bailleur social pour éviter aux adolescents d’avaler trop de kilomètres à Mobylette, tôt le matin et tard le soir, pour rejoindre leur employeur, souvent éloigné de chez leurs parents. La trentaine de logements, répartis sur onze communes, sert aussi à convaincre la nouvelle génération de se former dans la région.

Une centaine de communes

Cette bourse des « bonnes pratiques » est née du tour de France un peu particulier, réalisé, en 2020, par Raphaël Ruegger, alors étudiant en école de commerce, consultant chez Evidence, un cabinet de conseil dans l’immobilier, et aussi tout jeune élu de son village du Cher.

Plutôt que faire un tour du monde, lui veut partir à la rencontre des maires, qui le formeraient à ses nouvelles fonctions. Chez Evidence, ils sont fans. Pourquoi ne pas en profiter pour repérer les « trucs qui marchent » ? Vingt mille kilomètres en Clio, cinquante départements et une centaine de communes traversés plus tard, Raphaël Ruegger rentre avec une liste d’une vingtaine d’initiatives « facilement réplicables ».

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Ainsi, cela coûte à peine 9 000 euros au maire de Saint-Dizier (Haute-Marne) de remplacer, trois semaines par an, les réclames des SUV ou du mois de la literie sur les panneaux de la ville par des reproductions d’œuvres d’Arcimboldo, du Caravage ou de Van Gogh. Quentin Brière croit à la « beauté qui sauvera le monde ». Son collège de Talmont Saint-Hilaire, en Vendée, ne jure que par l’engagement. Son passeport du civisme, lancé après les attentats contre Charlie Hebdo en 2015, est désormais diffusé dans quatre cents communes et touche cinquante mille élèves de CM2 par an.

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