Précarité énergétique : les associations sonnent l’alarme

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« Ici, c’est la galère l’été, et c’est encore plus la galère l’hiver. » Zainaba Moindze et Mradabi Soilihi ont progressivement déchanté après leur emménagement au dernier étage d’une HLM des années 1990, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). L’hiver 2021-2022, leur facture de gaz a oscillé entre 800 et 1 200 euros. Des sommes exorbitantes pour ce couple qui élève quatre enfants, dont un bébé, avec le seul salaire de Mradabi, agent d’entretien. Dans leur duplex, les fenêtres et les baies vitrées ferment mal, de l’eau s’infiltre à deux endroits, il n’y a aucun volet, et les chauffages dysfonctionnent : Zainaba montre le thermostat cassé du radiateur du salon, deux autres qui ne marchent plus, tandis que des sèche-serviettes surchauffent les salles de bains sans qu’il ne soit possible de les éteindre. Quant au chauffe-eau, il s’éteint dès qu’ils prennent de l’eau chaude. A force d’appeler, le couple a pu faire venir un technicien, qui a promis de faire changer les radiateurs. Il ne s’est rien passé. Un recommandé envoyé sur les conseils d’un représentant de la Croix-Rouge venu effectuer un diagnostic est, lui aussi, resté sans effet. Malgré l’aide d’urgence que le couple avait pu obtenir, il vient à peine de finir de payer les factures rééchelonnées de 2021.

A la veille de la deuxième Journée contre la précarité énergétique, organisée jeudi 24 novembre, à l’initiative de la Fondation Abbé Pierre, un colloque a alerté sur l’augmentation du nombre de personnes concernées, du fait de la hausse des prix de l’énergie. Au total, 22 % des foyers déclarent avoir souffert du froid chez eux l’hiver dernier – ils n’étaient que 14 % en 2020, selon le baromètre du médiateur national de l’énergie ; et 27 % témoignent de difficultés pour payer certaines factures d’énergie, 9 points de plus que l’année précédente. La situation des plus fragiles inquiète tout particulièrement : les impayés d’énergie ont progressé de 17 % entre 2019 et 2021, et continuent d’augmenter depuis.

Quelles solutions sont apportées ? Comment les améliorer et les massifier ?, se sont interrogés les participants au colloque. Principal dispositif d’urgence, le bouclier tarifaire a gelé les tarifs réglementés du gaz et limité à 4 % la hausse de ceux de l’électricité pour les ménages dotés d’un chauffage individuel. « Mais il est beaucoup moins protecteur pour tous ceux au chauffage collectif », a insisté Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat, qui fédère les organismes HLM. De plus, le plafond du bouclier tarifaire sera relevé à 15 % en janvier, ce qui alourdira les factures mensuelles d’une vingtaine d’euros.

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