Pourquoi Airbus veut stocker du CO2 à 2.000 mètres sous terre au Texas ?

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Ventilateurs géants, panneaux solaires et silo à 2.000 mètres sous terre. Cette installation futuriste, en cours de construction dans la plaine du Texas, n’est autre qu’un énorme aspirateur pour prélever du CO2 directement dans l’atmosphère. La mise en service en 2024 de cette centrale de science-fiction a été annoncée lundi par Airbus et sept compagnies aériennes (Air Canada, Air France-KLM, easyJet, IAG, Latam, Lufthansa et Virgin Atlantic) au salon aéronautique de Farnborough. Les partenaires ont annoncé avoir conclu un contrat avec la firme américaine spécialisée 1PointFive, pour cet équipement texan.

En attendant l’avion vert, l’idée est de contribuer à la décarbonation générale alors que l’aviation est responsable de 2 % à 3 % des émissions mondiales de CO2 et que cette industrie s’est engagée l’an passé à atteindre zéro émission nette de CO2 à l’horizon 2050 pour respecter l’accord de Paris censé limiter le réchauffement à +1,5 °C. Elle compte notamment sur l’utilisation progressive de carburants verts mais aussi donc sur une forme de compensation en expurgeant l’atmosphère d’une partie des émissions générées.

La technologie, dite de captage direct avant stockage du carbone dans l’air (DACCS – Direct Air Carbon Capture and Storage) vise à capter le CO2 dans l’air à l’aide de puissants ventilateurs, alimentés par de l’électricité provenant de panneaux solaires, et de le stocker à près de 2.000 mètres de profondeur.

Une méthode critiquée par des ONG

Avec une capacité de stockage d’un million de tonnes de CO2, le site texan sera le plus important silo spécialisé du monde, « le premier à l’échelle de la mégatonne ». A pleine capacité, il pourra capturer « jusqu’à un million de tonnes de CO2 de l’air par an », soit « la capacité d’absorption de 40 millions d’arbres », indiquent les partenaires dans un communiqué.

« La captation directe de carbone dans l’air est une technologie naissante avec un potentiel énorme », selon la responsable du développement durable d’easyJet Jane Ashton. « Il n’y a pas de solution miracle pour arriver à la neutralité carbone en 2050 », a ajouté Nicolas Chrétien, responsable durabilité et environnement chez d’Airbus. « Il y aura des émissions résiduelles qui devront être supprimées de façon permanente, c’est l’objet de la capture du carbone », a-t-il expliqué.

Le carbone stocké peut être utilisé pour produire un nouveau carburant ou bien rester sur terre. Mais la technique de captation et de stockage du CO2 est critiquée par une partie des ONG en pointe contre le réchauffement climatique​.

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