Polémique autour d’AB InBev et du lancement de production de bières en Russie

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Le géant de la bière Anheuser-Busch InBev (AB InBev) est sur la sellette dans son pays d’origine, la Belgique, après des révélations de la RTBF selon lesquelles le numéro un mondial du secteur s’apprête à lancer la production de certains de ses produits, dont les célèbres Leffe blonde et brune, dans certaines de ses unités russes. La bière n’est, pas plus que d’autres produits alimentaires, visée par les différents trains de sanctions adoptés par l’Union européenne (UE) depuis le déclenchement de l’offensive russe contre l’Ukraine, le 24 février.

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A condition, toutefois, que les sociétés européennes ne collaborent pas avec des personnes ou des entités ciblées par l’UE, et qu’elles respectent, par ailleurs, les interdictions concernant, par exemple, le transport ou le financement d’activités en Russie. Le 5 août, la chambre de commerce belgo-luxembourgeoise en Russie, à Moscou, annonçait le lancement de la production de bières sur sept sites russes. Une information rapidement relayée en Ukraine et qui a entraîné des appels au boycott du géant belgo-brésilien, d’autant que celui-ci avait annoncé, en avril, vouloir suspendre ses activités sur le territoire russe.

Prises de position contradictoires

Le groupe y produit, dans onze usines au total, quelque soixante-quinze de ses marques, dont Stella Artois et Corona, mais pas la Leffe. Au début d’août, la presse russe s’était réjouie de voir le groupe évoquer la nécessité d’affronter des « difficultés logistiques » et d’assurer la disponibilité des produits en lançant, en Russie, la production de marques jusque-là importées, dont Leffe et Spaten. Une prise de position signée AB InBev et Anadolu Efes, la brasserie turque à laquelle le groupe est en fait associé sur le marché russe dans le cadre d’une joint-venture (coentreprise).

En 2018, le groupe belgo-brésilien a décidé de fusionner ses activités en Russie et en Ukraine avec la société turque, qui devait assumer la gestion opérationnelle sur ces marchés. Deux ans auparavant, AB InBev avait, par ailleurs, acquis 24 % d’Anadolu Efes. Le 22 avril, deux mois après le déclenchement de la guerre en Ukraine, cherchant apparemment à se désengager du marché russe, le leader mondial avait dit vouloir vendre sa participation dans la coentreprise. Un processus présenté comme très complexe et soumis à l’approbation finale du ministère des finances russe.

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Partenaire « non contrôlant », soulignait-il, AB InBev assurait à l’époque vouloir renoncer à tout avantage financier de sa joint-venture, tout en disant son souhait de soutenir ses collaborateurs en Russie. Une prise de position apparemment contradictoire avec cette récente annonce d’une localisation de la production de marques phares sur le territoire russe, afin de « maintenir une large présence de produits dans tous les canaux de vente », selon un texte de la directrice marketing russe d’AB InBev-Anadolu Efes. Sollicité par la RTBF pour réagir à ces informations, AB InBev n’avait pas donné suite, samedi 20 août.

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