Plafond, liste des produits… Ce qui change pour les titres-restaurants

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Nouvelles règles pour les quatre millions de salariés qui bénéficient des titres-restaurants. Depuis le 18 août, avec ce moyen de paiement, il est désormais permis d’acheter autre chose que des produits dits « immédiatement consommables ». Derrière ce qualificatif un peu vague se cache une liste d’aliments que vous êtes autorisés à payer avec vos titres-restaurant quand vous faites vos courses dans un supermarché. Il s’agit, par exemple, d’un sandwich, d’une salade, des produits laitiers mais aussi des plats congelés ou à réchauffer ainsi que les fruits et les légumes.

Mais depuis près de quinze jours, les produits « non directement consommables » comme un sachet de riz et de pâtes, des œufs ou encore les viandes et les poissons non transformés entrent dans la liste. Un changement que le législateur — en l’occurrence le Sénat à l’origine de l’amendement — a autorisé afin d’améliorer le pouvoir d’achat des Français. « C’est un prétexte, s’agace Charly Belisson, qui représente l’Umih, Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, au sein de la Commission nationale des titres-restaurants (CNTR), opposé à cette évolution. Où est le pouvoir d’achat dans ce texte ? Il s’agit plutôt de satisfaire le lobbying de la grande distribution. C’est un véritable coup de poignard dans le dos. Nous avons travaillé sur une charte pendant des années avec la grande distribution pour définir les produits acceptables par le titre-restaurant et un amendement vient tout effacer. »

Le relèvement du plafond doit encore être validé

Il faut dire que pour les restaurateurs, cet élargissement pourrait être synonyme d’une diminution des titres-restaurants dépensés dans leur établissement. « Nous avons saisi le cabinet de Bruno Le Maire pour qu’il revienne sur cet amendement, poursuit le restaurateur. Malgré nos interventions, il nous a été répondu qu’il ne pouvait rien faire. Le texte est voté. » Maigre consolation pour les restaurateurs, cet élargissement aux produits « non directement consommables » est limité dans le temps. Il est autorisé jusqu’au 31 décembre 2023.

Autre changement, le plafond quotidien d’utilisation des titres-restaurants, c’est-à-dire la somme maximale qu’un salarié peut régler par jour avec des titres-restaurants, devrait augmenter. C’était une promesse verbale de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. Actuellement de 19 euros, il avait déjà doublé pendant la pandémie pour atteindre 38 euros, avant de revenir à son plafond initial le 1er juillet dernier. Cette augmentation du plafond avait alors deux objectifs : liquider plus rapidement le stock de titres-restaurants — dont la durée de vie est limitée — accumulés par les salariés à cause des restrictions sanitaires. Mais aussi booster la consommation dans les restaurants qui avaient souffert du confinement. Si cette mesure n’augmente pas le pouvoir d’achat des salariés, elle lui permet de payer plus facilement son repas avec des titres-restaurants alors que les prix, notamment des produits alimentaires, s’envolent.

Le nouveau plafond proposé par le locataire de Bercy sera cette fois de 25 euros. La mesure devrait être validée début septembre lors d’une réunion de la Commission nationale des titres-restaurants. « Même si nous avions souhaité plus, je ne pense pas qu’il y aura d’opposition », estime Charly Belisson. Ce nouveau plafond devrait alors entrer en vigueur le 1er octobre. À cette date, chaque jour, un salarié pourra donc payer son repas en titres-restaurants jusqu’à 25 euros au lieu de 19 euros aujourd’hui.

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