« Omerta », un nouveau média prisé à l’extrême droite

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Le décor, avec ses faux palmiers et sa rivière artificielle qui exhale le chlore, est bien connu à l’extrême droite : Marion Maréchal, Eric Zemmour ou Marine Le Pen ont déjà organisé des événements à La Palmeraie, dans le 15e arrondissement de Paris. C’est dans cette salle que le média Omerta a trouvé refuge, mercredi 16 novembre, pour fêter son lancement, devant plusieurs centaines de personnes. L’issue d’un « jeu de piste », selon le directeur de la rédaction, Régis Le Sommier, qui a vu successivement Le Grand Rex, puis le Théâtre du Gymnase lui fermer la porte au nez.

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Le premier l’a fait après la publication d’un article de Libération, mi-octobre, racontant les visées « prorusses » de ce nouveau site Internet. Le second, après la mobilisation de militants LGBT contre un documentaire produit par Omerta accusé de « transphobie ». Un film dont Arrêt sur images a par ailleurs démontré que sa réalisatrice avait utilisé une fausse identité pour obtenir des témoignages, tordant auprès de ses interlocuteurs la visée réelle de son projet. Les promoteurs d’Omerta, eux, dénoncent « censure » et « pressions ».

Hasard ou nécessité, l’idée de lancer ce site a émergé dans la foulée de la suspension du média d’Etat russe RT – où officiait M. Le Sommier –, décidée par l’Union européenne à la suite du déclenchement de la guerre en Ukraine, le 24 février.

Immigration, insécurité et « wokisme »

Son président, Charles d’Anjou, 40 ans, ancien cadre du parti Les Républicains, a travaillé ces quinze dernières années en Russie – pays dont il parle la langue couramment – dans le domaine de la sécurité, « économique ou physique, pour de grands groupes étrangers », explique-t-il. Avec suffisamment de succès pour que ce néophyte des médias se permette de débourser, selon ses dires, un million d’euros dans cette entreprise, dont il se présente comme l’unique actionnaire. Omerta revendique une équipe d’une trentaine de collaborateurs, et vient de lancer une application pour smartphone.

S’appuyant sur la vidéo, le site entend réaliser des documentaires sur les terrains de guerre, ou proposer des sujets sur l’immigration, l’insécurité et le « wokisme ». Un menu qui séduit à l’extrême droite, puisque plusieurs cadres, élus ou anciens candidats, du Rassemblement national ont assisté à la soirée de lancement, tout comme le chef des identitaires lillois, Aurélien Verhassel.

L’ancien patron du renseignement intérieur, le sarkozyste Bernard Squarcini, reconverti dans le conseil en sécurité, est, lui aussi, venu, ainsi que l’ex-sénateur centriste Yves Pozzo di Borgo, russophile notoire. Présent dans la salle, l’idéologue de l’extrême droite identitaire, Jean-Yves Le Gallou, a résumé d’un tweet la tonalité ambiante : « Bravo à ⁦Régis Le Sommier pour la création de ce nouveau média de réinfosphère. »

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