Matières premières : « Le cours du blé mené en bateau »

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La lumière au bout du tunnel ? Ou plutôt du corridor ? C’est peu dire que l’accord céréalier conclu, le 22 juillet, entre l’Ukraine et la Russie, sous l’égide de la Turquie et des Nations unies, pour assurer les exportations de céréales à partir des ports ukrainiens, est étudié de près. D’autant que sa date limite a été fixée au 19 novembre. Sera-t-il prolongé ou abrogé ? La réponse à cette question, brûlante, conditionne le prix des céréales.

Déjà, lorsque, le 28 octobre, Vladimir Poutine a soudain déclaré qu’il mettait fin à cet accord, la planète céréalière était en émoi. Les prix du blé ont immédiatement bondi de près de 7 %, à Chicago comme sur Euronext. Ils ont reculé d’autant, le 2 novembre, lorsque le maître du Kremlin a brusquement changé son fusil d’épaule et accepté la reprise du flux maritime dans le corridor sécurisé en mer Noire. Le cours du blé est mené en bateau…

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« Depuis la mise en place du corridor et la réouverture des ports ukrainiens, le 3 août, près de 10 millions de tonnes de produits alimentaires ont été exportées par voie maritime. Quant aux exportations par voie terrestre, elles se poursuivent. Elles étaient de 1 million de tonnes en octobre », précise Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre de FranceAgriMer. Il ajoute que, côté Russie, « après un démarrage lent, les exportations céréalières se rapprochent de leur niveau habituel ».

« Plein d’incertitudes »

« Le blé origine mer Noire est aujourd’hui plus compétitif sur les marchés. Il se négocie aux environs de 293 dollars la tonne [285 euros] quand le blé meunier rendu Rouen est à 335 euros la tonne », souligne Arthur Portier, du cabinet Agritel. Un différentiel qui a quelque peu ralenti le rythme de vente de la céréale française. En début de campagne, quand l’activité des ports ukrainiens était en basses eaux, les flux français ont été abondants. Au point que 50 % de l’objectif de commercialisation hors Europe était atteint au bout de trois mois – fixé à 10 millions de tonnes sur une production totale engrangée en 2022 de 33,6 millions de tonnes.

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« Le marché du blé est plein d’incertitudes. S’il y a reconduction de l’accord entre la Russie et l’Ukraine, alors qu’il y a encore beaucoup de grains disponibles dans ces deux pays, le prix du blé pourrait perdre du terrain », envisage M. Portier. Comparé au plus haut historique, à 438 euros la tonne, atteint mi-mai lorsque les marchés flambaient, le recul est aujourd’hui de près de 25 %. Mais, sur un an, le cours du blé a bondi de plus de 30 %. Pour le plus grand bonheur des céréaliers français.

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