Luc Rémont, venu de Schneider Electric, proposé par l’Elysée pour être le nouveau patron d’EDF

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La fiche de poste était exigeante. L’Etat avait défini, en juillet, le profil du futur patron d’EDF, après l’annonce du départ anticipé de son président-directeur général, Jean-Bernard Lévy. « Quelqu’un qui maîtrise les grands programmes industriels », avait brossé à grands traits le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, et qui possède le « sens du compromis » pour réformer de fond en comble le géant de l’électricité, sans s’aliéner les syndicats ni la Commission européenne.

Au terme de longues semaines de recherche, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a tranché : Luc Rémont, 53 ans, sera prochainement nommé à la tête d’EDF. « Le Président de la République envisage, sur proposition de la Première ministre, de nommer Luc Rémont », « en qualité de président-directeur général d’Electricité de France », a indiqué la présidence jeudi 29 septembre, en précisant que le Parlement devra donner son aval à cette nomination.

Un temps, l’Elysée avait envisagé de scinder les fonctions de président et de directeur général, mais les statuts actuels de l’opérateur historique ne le permettent pas. Toute nouvelle gouvernance doit être soumise à l’assemblée générale des actionnaires. Bercy demeure favorable, à terme, à cette dissociation des fonctions.

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Le choix de M. Rémont est somme toute classique. Jusqu’ici chargé d’une partie des activités internationales de Schneider Electric, ce polytechnicien, diplômé de l’Ecole nationale supérieure de techniques avancées, a partagé sa carrière entre haute fonction publique et secteur privé. L’itinéraire du nouveau patron est d’abord celle d’un enfant de la bourgeoisie lyonnaise. Fils d’une psychiatre et d’un ingénieur longtemps maire (UDF, puis UMP) de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (Rhône), une banlieue chic de Lyon, ce père de quatre enfants est marié à une normalienne, directrice de l’expertise de Bpifrance et autrice en 1998 d’une étude sur… le démantèlement des centrales nucléaires.

« Très structuré et très loyal »

M. Rémont commence son parcours à la direction générale de l’armement (DGA), de 1993 à 1996, et la poursuit au Trésor, avant de servir tous les ministres de l’économie et des finances, entre 2002 et 2007, dans les cabinets de Francis Mer, Nicolas Sarkozy, Hervé Gaymard et Thierry Breton. Comme le souhaitait l’Etat, l’homme n’a pas le profil du patron politique. « Mais Luc Rémont sait parfaitement comment se prennent les décisions publiques, et c’est très utile pour un patron d’EDF », nuance un ancien proche conseiller de M. Sarkozy, qui se souvient d’un collaborateur « très structuré et très loyal », en qui il avait « une absolue confiance ».

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