Londres bloque le rachat d’une entreprise électronique par un acquéreur chinois

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Cette décision vise notamment à freiner les investissements chinois dans une technologie potentiellement utilisable à des fins militaires.

Londres a annoncé avoir bloqué le rachat de Pulsic, une entreprise britannique spécialisée dans la conception de circuits électroniques, par une entreprise basée à Hong-Kong, Super Orange HK, invoquant «un risque pour la sécurité nationale», selon une décision publiée mercredi en fin de journée.

Le ministre des Entreprises Kwasi Kwarteng a annoncé sur Twitter avoir «pris une décision définitive en vertu de la loi sur la sécurité nationale et l’investissement pour empêcher l’acquisition de la société britannique de conception électronique Pulsic Ltd par la société chinoise Super Orange HK Holding Limited».

Investissements croissants chinois

Fondée en 2000 et basée à Bristol (Ouest de l’Angleterre), Pulsic est présente au Royaume-Uni mais aussi aux États-Unis et au Japon et conçoit des logiciels destinés à l’industrie des semi-conducteurs. La société compte un peu plus de 40 employés selon le cabinet Dealroom. L’entreprise contribue à «la construction de circuits intégrés de pointe qui pourraient être utilisés tant à des fins civiles que militaires», peut-on lire dans la décision du ministère des Entreprises qui juge que ces outils pourraient être utilisés pour introduire des fonctionnalités dans les circuits, potentiellement à l’insu de l’utilisateur.

Face aux inquiétudes croissantes au Royaume-Uni sur les investissements chinois dans des actifs stratégiques, Londres avait renforcé en début d’année son pouvoir de contrôle, voire de blocage si nécessaire, des acquisitions d’entreprises britanniques par des acteurs étrangers lorsque la sécurité nationale est en jeu. Dans ce cadre, Londres avait annoncé en mai étudier l’impact pour sa sécurité nationale du rachat à l’été 2021 du plus grand fabricant britannique de semi-conducteurs, le gallois Newport Wafer Fab, par Nexperia, société néerlandaise de semi-conducteurs mais appartenant au chinois Wingtech.

Londres avait précédemment annoncé, en juillet 2020, l’exclusion du géant chinois Huawei de son réseau 5G, invoquant déjà un risque pour la sécurité du pays. Et la presse britannique évoque depuis des mois la possible éviction de CGN, un autre groupe de l’Empire du Milieu, du projet de nouvelle centrale nucléaire EPR Sizewell C, porté par EDF. Mais le gouvernement n’a toujours pas tranché. Outre les investissements chinois, le gouvernement britannique avait annoncé en mai étudier l’impact pour la sécurité nationale de la montée au capital de BT par Altice, société détenue par le magnat franco-israélien des télécoms Patrick Drahi.

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