Licenciements chez HP : « C’est la bérézina du côté des micro-ordinateurs »

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A un mois des fêtes de Noël et à la veille de celles du Thanksgiving américain, qui a lieu jeudi 24 novembre, l’humeur n’est pas euphorique sous les sapins. En tout cas pour les amateurs de cadeaux technologiques. Du côté des micro-ordinateurs, c’est même la bérézina. Mardi 22 novembre, HP, l’un des leaders mondiaux du secteur, a annoncé que ses ventes à destination du grand public, majoritairement des PC, ont chuté de 25 % sur le seul dernier trimestre fiscal de son exercice.

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Le groupe a annoncé dans la foulée un plan de suppression de près de 6 000 emplois, soit 10 % de ses effectifs. Si les ventes aux professionnels sont un peu moins catastrophiques, elles n’inversent en rien la tendance, confirmée par les derniers chiffres du cabinet Gartner, qui indiquent une chute globale du marché du PC de près de 20 % sur le troisième trimestre de 2022. La plus forte dégringolade de l’histoire de ce secteur.

HP est loin d’être le seul groupe sonné par la brutalité du retournement actuel. La veille, son concurrent Dell a fait part d’une chute de 17 % de ses ventes de micro-ordinateurs. Logiquement, ce plongeon entraîne avec lui les fournisseurs les plus aguerris. Les producteurs de puces Intel et AMD ont annoncé des réductions de commandes considérables. Le grand spécialiste des puces de jeux vidéo pour PC Nvidia a enregistré un effondrement de 51 % de ses ventes dans ce secteur.

La bulle des valeurs technologiques

Ce revers trouve en partie sa cause dans l’euphorie qui l’a précédé, celle des confinements à répétition, qui a propulsé les achats de matériel par les nouveaux télétravailleurs. Mais ce n’était qu’une éclaircie dans le long automne dans lequel est entré le micro-ordinateur, autrefois colonne vertébrale de la révolution numérique. Un déclin structurel, qui touche en priorité les usages grand public, désormais accaparés par les smartphones.

Au-delà, ces récentes annonces soulignent l’ampleur et les dégâts potentiels de l’éclatement de la bulle des valeurs technologiques. HP n’est pas le premier à annoncer des suppressions massives d’emploi. Twitter, Amazon, Meta, Seagate, Cisco, Disney, Warner ou Snap ont gonflé la liste ces dernières semaines. D’autres viendront.

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Pour l’instant, ces chiffres n’apparaissent pas dans les statistiques du chômage, que ce soit en Amérique ou en Europe. Mais cela finira par se voir. On s’étonnait encore en septembre de la vigueur de la consommation en dépit d’une inflation galopante et de la remontée des taux d’intérêt. La déconvenue de HP et des autres stars de l’informatique grand public démontre que la hausse des prix a commencé son travail de sape sur l’économie.

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